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Analyse de L’Équipe : OM = gentils, PSG = méchants

mercredi 28 juillet 2010, par Vivien B.

Analyse de L'Équipe : OM = gentils, PSG = méchants

Damien Degorre est présenté par L’Équipe, son employeur, comme « l’un des meilleurs spécialistes du PSG ». En toute logique, c’est donc à lui qu’est revenue la responsabilité de présenter le match OM-PSG ce mercredi. L’occasion de profiter de toute l’expertise du spécialiste.

Quand les Bisounours parlent de football

Pour lever le rideau de la nouvelle saison, l’affiche aurait pu être pire. OM-PSG, tout à l’heure, a de quoi offrir un beau trophée des champions, débarrassé de toute gangrène extra sportive. Sans supporters parisiens auxquels se frotter — puisqu’ils n’ont pas effectué le déplacement —, les fans marseillais — qui ne sont pas habitués à se battre entre eux, eux — auront juste à s’associer aux milliers de Tunisiens réputés pro-OM pour soutenir leur équipe.

C’est vrai ça, qui a jamais vu à la une de L’Équipe les mêmes scènes de violence à Marseille qu’à Paris ? Or si L’Équipe n’en parle pas, c’est certainement que cela n’existe pas. Ça se saurait…

Au fait, il y a à peine un an…

Extraits du quotidien régional La Provence le 7 mai 2009 :

Le monde des supporters olympiens est en ébullition après la bagarre rangée lors d’OM-Donetsk

Jeudi 16 avril, le virage sud du stade Vélodrome a été le théâtre d’affrontements entre supporters olympiens.

[…] Hier, estimant avoir récolté suffisamment de preuves, ils [les enquêteurs du groupe de violence urbaine de la sûreté départementale] convoquaient six supporters, dont trois « figures » du stade Vélodrome. Rachid Zeroual, leader des Winners, Christophe Bourguignon, patron des Ultras, et David Poggi, à la tête de la Cosa Ultra, étaient placés en garde à vue et confrontés une grande partie de la journée pour tenter de savoir ce qui avait mis le feu aux poudres ce soir-là entre supporters du même club.

D’après les premières déclarations, et divers témoignages recueillis, le patron des Winners semble avoir un sérieux contentieux avec celui de la Cosa Ultra. Avant le début du match, les esprits étaient déjà bien échauffés en haut du virage. Christophe Bourguignon, leader des Ultras, aurait été averti par les Winners que les comptes allaient se régler pendant la rencontre. Il lui aurait également été vivement conseillé de « laisser faire »… D’où une probable poursuite pour « complicité » et « non-dénonciation de délit ».

Alors que la première mi-temps était bien entamée, juste avant le premier but, pas moins de 150 individus envahissaient le bas du virage et tentaient d’arracher la bâche de la Cosa. Humiliation suprême pour un club de supporters ! Face au déchaînement de violence, David Poggi s’était même réfugié un temps sur la pelouse avant d’en être expulsé par les stadiers.

« Il était personnellement visé, précise une source proche de l’enquête. Le conflit entre lui et Zeroual ne date pas d’hier. » Lors de « l’assaut », qui a duré treize longues minutes, « du jamais vu à Marseille » selon un « habitué » du Vélodrome, deux personnes ont été grièvement blessées au niveau de la face, les os des pommettes fracturés en divers endroits. Une ITT de 21 jours leur a été délivrée.

Hier soir, Rachid Zeroual ainsi que deux proches, Christophe Bourguignon et David Poggi étaient toujours en garde à vue dans les locaux du GVU. […] « Ils ont déjà été interdits temporairement de stade, souligne une source proche du dossier. En cas de récidive, l’interdiction peut être définitive. » C’est aux magistrats qu’il reviendra aujourd’hui, si l’affaire est examinée au fond, de se prononcer sur cette possible peine complémentaire. Reste à éclairer les circonstances de la rixe, et notamment sa longueur volontiers qualifiée « d’anormale » par les enquêteurs.

« Qu’une bagarre allait éclater était un secret de Polichinelle  », avoue un supporter présent ce soir-là. Mais ni les stadiers, ni la sécurité du club, privée de son directeur transporté aux urgences de Sainte-Marguerite en milieu d’après-midi, n’avaient, semble-t-il, jugé utile de prendre les précautions nécessaires.

Extraits du quotidien régional La Provence le 8 mai 2009 :

D’après les premiers éléments de l’enquête, c’est un «  vieux contentieux  » opposant les Winners à la Cosa Ultra qui aurait copieusement dégénéré ce soir-là. « C’est une guerre de territoire et de rapport de force  », analyse un enquêteur. Du côté des Winners, on avance que le leader de la Cosa avait multiplié les provocations au micro dès le début de la rencontre. Ce qui avait entraîné des représailles… peut-être un peu démesurées aux yeux de la justice.

[…] [L’information judiciaire se chargera de clarifier] le rôle des stadiers, qui au goût de certains, ont un peu tardé à intervenir. « La bagarre a duré 13 minutes et 53 secondes, c’est énorme », souffle un enquêteur.

Extraits du quotidien régional La Provence le 8 mai 2009 :

Cinq supporters de l’OM, Rachid Zeroual, Youssef Zeroual, David Poggi, Pascal Navarro et Philippe Desroches ont été mis en examen hier soir pour violences volontaires lors du match OM-Donetsk en coupe UEFA au Vélodrome le 16 avril dernier et interdits de stade. […] Nous avons retrouvé deux des supporters blessés, qui nous livrent le récit de la bagarre.

Thierry et Éric ont eu, tous les deux, les os des pommettes broyés sous la violence des coups de pied, de poing ou de boucle de ceinture. L’un a aussi eu le nez explosé et l’autre, le plancher orbital fracturé. Mais au-delà des blessures qui commencent tant bien que mal à cicatriser, c’est avec effroi qu’ils se remémorent le calvaire vécu le 16 avril dernier, dans l’enceinte même du stade Vélodrome alors que les Olympiens affrontaient le Shakhtar Donetsk pour le quart de finale retour de la coupe UEFA.

« Je ne pensais pas me faire massacrer un jour dans un stade, lâche Thierry encore traumatisé par la sauvagerie de la bagarre. Je me suis réellement vu mourir. » Les désaccords entre les Winners et la Cosa Ultra, il en avait déjà vaguement entendu parler. « Mais pour moi, c’était une légende. Je n’avais jamais vu Poggi et Zeroual en venir physiquement aux mains. »

Lorsque des dizaines de Winners quittent le haut du virage pour envahir le bas, Thierry n’imagine pas une seconde de la scène qui va suivre. « Il y avait des caméras, des journalistes, des stadiers… On ne commet pas un délit aux yeux de tous quand même ? » Mais ce soir-là, l’heure n’était pas à la réflexion. Ni à la discussion. « Ils sont arrivés et ont frappé, relate Thierry. J’ai réussi à m’extirper pour aller chercher de l’aide. Je suis allé voir Santos qui était au micro pour qu’il fasse quelque chose. Il n’a rien fait. »

Alors que les minutes défilent, la bagarre prend de l’ampleur et Thierry est de nouveau happé dans le « moulon ». « Je me suis pris un coup en pleine tête qui m’a fait tomber par terre. Là, coincé entre les barrières et les gradins, j’ai reçu un énorme coup de pied dans la tête qui m’a pratiquement fait perdre connaissance. » « Ils étaient au moins dix à me tabasser gratuitement !, poursuit Éric, l’autre victime. Je ne les connaissais pas, ces mecs. J’ai eu la peur de ma vie. À tel point que lorsque les stadiers m’ont soulevé et sorti de là, j’ai cru qu’on m’emmenait dans un coin pour me tuer. »

Aujourd’hui encore, les deux supporters ont du mal à trouver une explication valable à cette bagarre. « Les Winners ont mené une expédition punitive pour montrer qu’ils étaient les plus forts. Ils ont voulu faire un exemple, c’est tout », analysent-ils, amers.

« Ce qui est encore plus choquant, c’est l’inaction de tout le monde face à la longueur de la bagarre, accuse Thierry. Je pensais être protégé dans un stade. Je n’y mettrai plus les pieds. J’ai eu trop peur. » Éric, passionné de l’OM depuis 15 ans, y retournera, mais « la peur au ventre et plus jamais dans un virage ».

Des témoignages qui font froid dans le dos. Rassurez-vous, vous ne les lirez pas dans L’Équipe : pas une seule mention de ces incidents n’est à signaler dans le quotidien sportif au lendemain du match. Seul un bref entrefilet — placé au milieu d’articles sur Angers-Metz et le National — reprendra en quelques phrases les informations de La Provence dans l’édition du 8 mai.

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