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Les Cahiers : le journal, le site, le forum

Notre interview des Cahiers du Football (1/4)

Jérôme Latta, directeur de la publication des Cahiers, nous répond

jeudi 22 octobre 2009, par Vivien B.

Notre interview des Cahiers du Football (1/4)

Parmi les innombrables médias qui évoquent régulièrement le PSG, rares sont ceux qui furent épargnés par nos Reprises de volée. Mieux encore, certains se sont affirmés comme des références dans l’analyse et le décryptage des médias sportifs. Ces commentateurs atypiques s’appellent les Cahiers du Football. À quelques semaines de la sortie du prochain numéro du magazine papier, nous avons longuement interrogé Jérôme Latta, fondateur des Cahiers en 1997 et actuel directeur de la publication du magazine. Au menu : les Cahiers du Football — le journal, le site et le forum —, leur critique des médias, la presse sportive en général et la médiatisation du PSG en particulier, et enfin un retour sur le Ballon de Plomb 2006 attribué à Bernard Mendy.

Interview réalisée vendredi 16 octobre 2009.

- Première partie : les Cahiers passés au crible — le journal, le site et le forum —, et leur sentiment sur la presse sportive en général.
- Deuxième partie : la critique des médias, les journalistes.
- Troisième partie : la médiatisation du PSG et de ses idées reçues.
- Quatrième partie : le Ballon de Plomb de Bernard Mendy.

Qui êtes-vous, les Cahiers du Football ?

En plus de leur site Internet, ouvert en décembre 1997, les Cahiers du Football publient un mensuel depuis novembre 2003, par l’intermédiaire des Éditions du 12 juillet. Jérôme Latta en est le directeur de la publication.

Quelques chiffres pour commencer : il me semble qu’on n’a jamais su combien il y avait de membres dans la rédaction des Cahiers du Football
Jérôme Latta {JPEG}Non, nous non plus ne savons pas combien il y en a (rires). Il n’y a pas de spécialisation entre le journal papier et le site, c’est le même groupe de rédacteurs. Nous formons un collectif dématérialisé et délocalisé, avec des contributeurs un peu partout — différents « cercles » de contributeurs, en quelque sorte. Nous avons six associés, un salarié maintenant [1], trois fondateurs [2], une douzaine de collaborateurs très réguliers et peut-être une vingtaine de contributeurs plus occasionnels. Les délimitations « d’équipe » sont donc très floues, nous-mêmes ne saurions pas dire combien de personnes font partie des Cahiers du Foot, sachant qu’il y a aussi eu des compagnons de route ou des gens qui ont écrit peut-être trois articles en cinq ans, mais des articles qui comptent quand même. Il y a même des rédacteurs que nous n’avons jamais rencontrés physiquement…

Quels sont les articles les plus consultés sur le site ?
Ce qui amène le plus de monde, c’est la gazette de la Ligue 1, une formule très composite, avec des petits articles, des citations, des formats humoristiques, à la fois ancrée dans l’actualité et assez déconnante. C’est elle qui draine le plus de lecteurs, avec les articles humoristiques du type la fiche du PSG, la fiche de l’OM. Après y a des effets… Par exemple, on sait que quand on écrit un article sur l’OM il va être repris sur lephoceen.fr, et que cela va amener 10 000 lecteurs de plus… Mais bon, on ne calcule pas en fonction de ça.

Vous définissez-vous comme des supporters de club, de l’équipe de France, des deux, ou des amateurs de foot en général ?
Amateurs de foot, oui. Passionnés, ça, de toute façon, il faut l’être pour s’investir à ce point. Historiquement, ayant lancé le site en décembre 1997 et passé six mois à défendre Jacquet, ou en tout cas à se scandaliser du traitement de Jacquet par L’Équipe à l’époque, il y avait vraiment dans notre acte fondateur la défense de l’équipe de France et un certain amour pour elle, qui est assez partagé je pense dans la rédaction. C’est vrai qu’on a un sentiment très, très particulier, un sentiment assez amoureux pour l’équipe de France. Supporters de club ? Nous avons tous un club préféré, ou plusieurs. Mais LA caractéristique, qui est un peu celle de nos lecteurs aussi, c’est justement la capacité à dépasser la passion pour son club, et donc à avoir un peu de recul et d’autodérision à son égard. Ce qui est caractéristique sur le forum, c’est que des Lyonnais peuvent venir chambrer gentiment sur le forum stéphanois par exemple. Et il n’y a évidemment aucun souci vu qu’il n’y a aucune agressivité.

« On a perdu notre capacité à produire un magazine par mois, qui était miraculeuse — on s’en rend compte rétrospectivement — pendant 4 ans. »

À quoi sont dues les difficultés du mensuel papier ? [3]
Nous avons tout simplement un problème de ressources, d’abord humaines et ensuite financières. Notre capacité à produire un magazine par mois, qui était miraculeuse — on s’en rend compte rétrospectivement — pendant quatre ans, on l’a perdue.

Il s’agit plus d’un problème humain que financier ?
Si nous disposions d’importantes ressources financières, de revenus publicitaires conséquents, nous arriverions évidemment à résoudre notre problème de ressources humaines, mais aujourd’hui, c’est essentiellement une question de disponibilité. Nous avions deux salariés, un seul maintenant, mais de tout temps nous avons fait tourner une machine pour laquelle il faut normalement quatre fois plus de gens formés professionnellement. Cela tient donc beaucoup à une question de temps, de limites humaines… sachant aussi que la période est très mauvaise : pas mal de nos revenus proviennent de la publicité sur le site, et ce marché-là s’est écroulé avec la crise ; d’autre part, nous avons perdu, toujours pour des raisons budgétaires, des contrats de fourniture de contenu — nous vendions des articles à eurosport.fr, ou encore à MSN pendant la coupe du monde 2006 — qui étaient assez précieux.

Et du côté des ventes ?
C’était stable. Nous mettions en kiosques entre 13 000 et 20 000 exemplaires selon les numéros, et nous avons à peu près 3 000 abonnés. Le journal a toujours été équilibré. Cela a été une surprise : quand nous l’avons lancé, nous pensions que sans publicité dans le journal au bout de trois numéros, c’était mort. En fait, nous nous sommes rendus compte qu’avec les ventes, avec les abonnements, nous arrivions à équilibrer le budget du journal. Mais il n’était viable qu’avec un modèle économique complètement minimal : au départ sans salarier personne, et en ne payant que les dessinateurs. Pour le reste, nous avons toujours fonctionné sur le mode du bénévolat, des contributions. Mais on sait très bien que ce genre d’aventures est lié à la passion, à la disponibilité, à la motivation des gens qui y participent. C’est un modèle un peu activiste, associatif. Tant qu’on a l’énergie, les possibilités matérielles, on peut continuer. Malheureusement, il est ensuite très difficile de professionnaliser, de trouver un modèle économique pour ce type de projets.

« Quand tu te retrouves dans un tribunal, à la barre, pour une chronique de Jean-Patrick Sacdefiel, c’est n’importe quoi. »

Est-ce l’affaire Balbir qui a marqué un coup d’arrêt au mensuel ? [4]
Non, il faut être honnête, nous pourrions jouer aux victimes et dire que c’est à cause de ça, mais non. Cette affaire nous a pris beaucoup de temps, beaucoup d’énergie pour un truc vraiment aberrant, vraiment stupide. Quand tu te retrouves dans un tribunal, à la barre, interrogé par trois juges pour une chronique de Jean-Patrick Sacdefiel dans un journal qui, il faut bien l’avouer, est quand même confidentiel, c’est n’importe quoi. Ça nous a certes un peu désabusés et privés de quelques ressources, mais ce n’est pas une raison majeure.

Les dates coïncident pourtant, tout cela s’est produit début 2008… [5]
Oui, mais franchement, il faut être honnêtes, il n’y a pas de lien de cause à effet.

Dans cette affaire, avez-vous été soutenus par des journalistes ?
Oui, tout à fait. C’est un peu le paradoxe, nous avons vraiment des sympathisants ou des soutiens dans le milieu, même s’ils ne s’expriment pas de manière très spectaculaire. Plusieurs journalistes ont produit des attestations tâchant d’expliquer aux juges qu’on était un journal satirique et que Jean-Patrick Sacdefiel était un personnage fictif, qu’eux-mêmes avaient été victimes de nos sarcasmes ou des chroniques de Sacdefiel… En même temps, il s’agissait d’attestations destinées aux juges, et quelques uns nous ont demandé de ne pas faire trop de publicité autour. Parce que dans le milieu, ce n’est pas évident de se fâcher avec tel ou tel, on ne sait jamais avec qui on va être amené à travailler…

« Dans les médias sur le foot, il y a une sorte de peur généralisée, de conformisme dans la médiocrité. »

Malgré les réflexes corporatistes dans les journaux, certains journalistes sportifs sont les premiers à tacler leurs confrères off the record.
Ce qui est problématique, c’est effectivement le grand écart entre ce qu’ils peuvent penser et ce qui émerge. Au sein de L’Équipe, il y a des débats déontologiques très virulents, des remises en cause assez nettes, mais elles ne transparaissent pas à l’extérieur [6]. C’est logique, une entreprise s’isole de l’extérieur. Mais effectivement il y a des rivalités, ce n’est pas complètement confraternel. Quand on côtoie un peu les journalistes du milieu, ils n’ont pas leur langue dans leur poche et ils taillent pas mal leurs confrères. Mais par contre, il y a cette espèce de règle implicite qui interdit de les critiquer publiquement.

Pensez-vous pouvoir développer votre lectorat, ou estimez-vous avoir atteint l’essentiel des personnes intéressées par un tel magazine ?
Je pense qu’aujourd’hui il y a probablement moins de marge de développement, parce que nous avons eu le temps de progresser. Nous sommes quand même bien installés dans le paysage, avec une certaine ancienneté, une certaine notoriété. Mais il y a certainement des gens qui ne nous connaissent pas encore et qui nous apprécieraient, donc une part de lectorat qu’on pourrait conquérir.

C’est très déprimant, si on compare aux millions de personnes informées directement ou indirectement par L’Équipe
Il y a une erreur fondamentale qu’on a faite dès le départ : prétendre faire un journal intelligent sur le football, c’est déjà prendre énormément de risques (rires), dans la mesure où le football n’appelle pas forcément « l’intelligence » — le terme est prétentieux, parlons simplement d’humour et de réflexion. Il y a aussi plein de gens très intelligents qui vont chercher tout sauf ça dans le football. Le football n’éveille pas forcément les pulsions les plus nobles de l’homme, c’est souvent un défoulement, et c’est un sujet a priori futile, voire dérisoire. C’est pour ça que les médias restent souvent dans ce registre-là. Il y a un lectorat potentiel qu’on n’attirera pas, simplement parce que ce n’est pas ce qu’il attend sur le foot, mais plutôt des polémiques, des prises de tête, des rivalités un peu bêtes, etc. Le droit d’être un peu con, en quelque sorte (rires).

Cela étant, je pense aussi qu’en diversifiant les contenus, nous pourrions toucher un public plus large sans nous renier. Avec plus de moyens promotionnels, les Cahiers atteindraient un public plus large, ou le même public plus régulièrement, etc. Mais là encore, les idées ne suffisent pas : il faut des moyens, des ressources humaines et financières.

Avec-vous été sollicités par des groupes de presse ?
Non. Nous avons parfois fait la démarche de solliciter des partenaires potentiels. Nous avons été en contact avec Robert Lafont [7] par exemple, pour proposer de faire une page « labellisée » Cahiers du Football… Pour les mêmes raisons que nous n’avons pas notre place dans les talk-shows, que nous ne sommes même pas sollicités pour apporter un éclairage sur telle ou telle problématique ou que nous sommes très, très rarement mentionnés pour nos initiatives, eh bien nous ne sommes pas non plus sollicités spontanément par les professionnels. C’est un constat que nous faisons de manière assez fataliste — nous ne sommes pas amers, nous n’avons pas d’aigreur par rapport à ça. Il n’y a simplement personne pour prendre des risques tels que ceux pris, par exemple, par Canal+ et Alain de Greef dans les années 1980-1990 : il y avait des prises de risque, des gens qui voulaient conquérir des territoires, qui voulaient défricher un peu, faire des choses nouvelles, exposer des artistes un peu radicaux, un peu singuliers… Ils avaient pris ce risque-là et cela avait marché. Aujourd’hui il y a une sorte de peur généralisée, de conformisme dans la médiocrité qui est vraiment frappant. Ça va vraiment bien au-delà de notre cas personnel, quand on voit la sortie du Quotidien du foot ou la plupart des émissions qui se créent, radiophoniques ou télévisuelles, c’est souvent très, très décevant.

La communauté des Cahiers du Football

Une autre caractéristique des Cahiers du Football tient à sa communauté de lecteurs — les cédéfistes —, très atypique dans le monde du football sur Internet. Plusieurs centaines de membres du forum postent entre 2 000 et 3 000 messages par jour, notamment sur le fil Paris est magique, dédié au club de la capitale.

Connaissez-vous le nombre de forumistes réguliers ?
C’est difficile à évaluer. Il y a probablement une bonne centaine de forumistes très, très réguliers, contributeurs…

Une centaine seulement ?
Je parle de contributeurs très actifs. Des réguliers et des occasionnels il y en a beaucoup plus, et des inscrits, il y en a peut-être 10 000, je n’en sais rien. Mais des piliers de forum, qui postent énormément, qui alimentent vraiment le contenu, qui sont des animateurs très assidus, qui ont une « notoriété locale », je pense qu’il y en a une grosse centaine. Mais c’est vraiment une estimation au doigt mouillé… Les lecteurs ont organisé un tournoi à Saint-Étienne le mois dernier, ils étaient justement une centaine ! Cent lecteurs des Cahiers qui sont assez motivés et qui pensent partager assez de choses pour se retrouver au mois de septembre et organiser un tournoi de foot, c’est assez extraordinaire et franchement, c’est même très émouvant pour nous.

« Sur le forum, les participants ont changé, mais l’esprit est resté le même. »

Avez-vous perçu une évolution de votre lectorat et de ses attentes depuis vos débuts, après votre sortie en kiosques notamment ?
C’est difficile à dire. Ce qui a changé, par exemple, c’est que la première « communauté », dans les années 2000-2001, était assez restreinte par rapport à aujourd’hui. Il y avait un côté petit groupe. Aujourd’hui, le forum brasse plus de monde. Le forum a été lancé en septembre 1999, il y a eu beaucoup de générations successives, des vedettes du forum, à différentes périodes. Après, dans l’état d’esprit, comme il me semble que les Cahiers ont une image assez forte, le forum fédère une population qui est assez homogène, ou en tout cas qui a une façon de concevoir le football assez semblable. Je ne pense pas que cela ait évolué fondamentalement au fil des années. Il y a certainement eu un renouvellement générationnel, mais dans la façon de voir le foot, il y a une communauté d’esprit assez forte.

Votre accès à une relative notoriété n’a pas changé le profil de vos lecteurs, ou en tout cas de ceux qui correspondent avec vous ?
Ça a certainement contribué à l’augmentation du nombre de lecteurs et de forumistes, donc ça a changé les équilibres — comme je disais, il y a cette communauté initiale, qui s’est retrouvée un peu noyée dans une population un peu plus grande —, mais ça n’a pas changé grand chose car nous avons une politique un peu particulière… Disons qu’on ne s’inscrit pas facilement aux Cahiers du Foot. Depuis trois ans à peu près, pour s’inscrire, il faut soumettre un texte sur le foot qui soit un peu plus long qu’un paragraphe — ça peut faire une page, il y a des textes très chouettes qu’on publie parfois. Ce n’est pas dissuasif, mais disons que pour s’inscrire au forum, les gens doivent avoir une certaine motivation, et du coup une certaine adhésion à l’esprit général. Les participants ont changé, mais l’esprit est resté le même.

Est-ce uniquement ce filtre qui protège le forum des dérives que connaissent l’essentiel des forums sur le foot ?
Ce n’est pas seulement la mesure consistant à demander un texte qui permet cette sorte de filtrage. Si l’on parcourt les Cahiers, à la fois les articles et le forum, on adhère ou on n’adhère pas. Pour parler vulgairement, le « gros lourd » qui va vouloir provoquer, par exemple, il ne va tellement pas se reconnaître dans les Cahiers qu’il ne va même pas chercher à s’inscrire. C’est surtout le fait que tout le monde s’exprime posément, avec des arguments, de façon non agressive : cela produit un effet de modèle, et quand on veut s’inscrire au forum et participer, on se conforme à l’esprit ambiant. Ça se pérennise comme ça, grâce au fait que l’esprit reste le même.

Cela doit également tenir au profil éditorial des Cahiers. Les articles qui définissent en premier lieu notre identité ne sont pas forcément faciles à lire, il y a de la dérision, donc ce n’est pas accessible à tout le monde dans le monde du foot (rires), cela fixe un cadre assez net dès le début. L’image éditoriale assez forte des Cahiers a un peu donné le ton pour l’ensemble du site, y compris pour le forum. Car il est clair que les forumistes viennent ici pour le bon esprit, pour la qualité d’expression, pour l’absence d’agressivité, etc. Nous n’avons pas de recette, tout s’est construit au fur à mesure. [8]

Interview exclusive de Jérôme Latta sur PSGMAG.NET :

- Première partie : les Cahiers passés au crible — le journal, le site et le forum —, et leur sentiment sur la presse sportive en général.
- Deuxième partie : la critique des médias, les journalistes.
- Troisième partie : la médiatisation du PSG et de ses idées reçues.
- Quatrième partie : le Ballon de Plomb de Bernard Mendy.

Notes

[1] Contre deux auparavant.

[2] Parmi eux, seul Jérôme Latta fait toujours partie de « l’aventure ».

[3] Seuls deux numéros du mensuel ont été bouclés depuis un an et demi.

[4] Début 2008, Denir Balbir a assigné les Cahiers du Foot devant le tribunal correctionnel de Metz pour « injures publiques », réclamant pas moins de 50 000 euros de dommages et intérêts pour une chronique de Jean-Patrick Sacdefiel, un personnage imaginaire qui signe un pamphlet dans chaque édition du mensuel. Ils ont finalement été relaxés le 2 juillet 2008, sans toutefois être indemnisés de leurs frais de procédure.

[5] La publication des Cahiers du Foot était mensuelle jusque février 2008. Depuis qu’on a appris l’affaire Sacdefiel, seuls deux numéros furent diffusés : le premier en mai 2008, le deuxième en mars 2009.

[6] Sur ce thème, lire La face cachée de L’Équipe, et l’interview de l’auteur, David Garcia, par Jérôme Latta sur le site des Cahiers du Football.

[7] Éditeur du Quotidien du football, lancé mardi 13 octobre 2009.

[8] Nous avons eu beaucoup plus de soucis au début qu’aujourd’hui. Il y avait des types qui étaient vraiment des provocateurs, des gens malveillants, qui se réinscrivaient par exemple plusieurs fois, qui trollaient à tout bout de champ, qui venaient vraiment foutre la merde, qui provoquaient ou qui mettaient des messages insultants… À l’époque, nous avions testé un peu tous les filtres d’adresses IP, c’était vraiment pénible. Les inscriptions étaient totalement ouvertes et impliquaient une surveillance permanente. Alors nous sommes allés vers ce modèle-là de gestion du forum — qui est une non-gestion en fait.

On filtre en amont en demandant aux gens d’écrire un texte, mais après, il doit y avoir entre 2 000 et 3 000 posts par jour, il est complètement impossible de tout lire, de tout surveiller. Nous n’en avons pas envie de toute façon, et nous n’avons tout simplement pas le temps. Nous sommes donc allés vers l’instauration de règles qui préviennent très tôt les participants que c’est comme ça et pas autrement. Il nous arrive d’exclure des gens, mais nous ne pouvons malheureusement pas faire de pédagogie, émettre des avertissements, faute de temps.

C’est ce que nous avons parfois du mal à faire comprendre, puisque effectivement, nos décisions peuvent être injustes — il y a forcément des gens qui échappent à des exclusions pour des écarts qui valent à d’autres d’être exclus —, mais nous ne pouvons pas faire autrement. Par exemple, un type qui dérape, nous n’allons pas pouvoir lui expliquer avec trois ou quatre échanges de mails qu’il ne faut pas faire ci ou ça. Nous n’avertissons pas les gens de leur exclusion, nous ne les commentons pas, ne les annonçons pas non plus sur le forum, pour ne pas rentrer dans un cercle vicieux d’explications interminables. Ce serait certainement mieux sur le plan de la communication et dans l’esprit, mais nous ne pouvons pas. Et puis nous avons eu quelques expériences cuisantes qui nous ont un peu dissuadés d’être indulgents… Après, le dialogue n’est pas exclu. Si nous suspendons le compte d’un forumiste, nous attendons qu’il se manifeste et nous voyons très vite s’il comprend un tant soit peu notre démarche. Dans ce cas, nous le réinscrivons, tout bêtement.

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1 commentaire a déjà été posté par nos lecteurs

  • #1

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    T
    19 novembre 2009 14:40

    Excellents articles sur nos chers cahiers, il faut les supporter coute que coute.
    Faites des dons pour Denis Balbir !!!!

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