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Retour sur la saison 1998/1999 du PSG

PSG 1998/1999 : « la pire saison de l’ère Canal+ »

Rétro : tout ce qui s’est passé au PSG durant la saison 1998/1999

jeudi 9 décembre 2010, par Gauthier B.

PSG 1998/1999 : « la pire saison de l'ère Canal+ »

Toute cette saison, PSGMAG.NET vous ramène au siècle précédent, en vous proposant chaque mois le résumé d’une saison passée et le portrait des joueurs arrivés au club à l’époque. L’opération « rétro » se poursuit avec la saison 1998/1999. Au programme cette semaine, le résumé de la saison.

Après les portraits d’Igor Yanovski, Christian Wörns, Yann Lachuer, Mickaël Madar, Alain Goma, Bruno Rodriguez, Laurent Leroy, Grégory Paisley, Dominique Casagrande, Jay-Jay Okocha, Manuel Helder, Aliou Cissé, Xavier Gravelaine, Nicolas Ouédec, Adaílton, Bernard Lama, Nicolas Laspalles et Bruno Carotti, retrouvez cette semaine le résumé de la saison 1998/1999 du PSG.

Révolution dans l’effectif, résultats peu probants

Michel Denisot parti, le nouveau président Charles Biétry, qui donnait jusque-là des leçons depuis sa cabine de commentateur, a enfin les mains libres pour façonner l’équipe dont il rêve. Il en résulte un départ massif de joueurs — certains étant tout de même prévus avant l’arrivée de l’ancien patron des sports de Canal+ —, et une longue liste de nouvelles recrues pour le PSG. Des joueurs aguerris à la D1 — souvent bretons — aux starlettes du dernier mondial, le mercato estival du Paris Saint-Germain semble de prime abord solide. Même si le mois de juillet est parasité par le vrai-faux départ de Simone et les conflits contractuels avec Gava, Guérin ou Fournier, l’équipe nouvellement coachée par Alain Giresse a de l’allure.

Ce sentiment est confirmé par le premier match officiel de ce tout nouveau PSG : une victoire un but à zéro face au champion en titre, le RC Lens, lors du trophée des champions. L’ouverture du championnat est en revanche délicate : à Bordeaux, Paris s’incline trois buts à un, face une très belle équipe girondine. Mais le fait que Paris joue l’essentiel de la rencontre à 10, que plusieurs recrues phares étaient absentes et, surtout, que Jay-Jay Okocha marque un but hors-norme font passer cette défaite inaugurale pour une anecdote. Paris n’était pas encore prêt, il n’y rien de grave. L’impression est d’ailleurs confirmée par la suite : Paris gagne ses deux rencontres suivantes face à Bastia et à Strasbourg, et l’on sent le club francilien sur la pente ascendante.

Puis, à l’occasion de la quatrième journée, arrive le FC Lorient au Parc des Princes. Promu en D1 pour la première fois, le club de Christian Gourcuff — qui avait été longtemps pressenti pour prendre la place de Giresse au PSG — apparaît comme un proie facile pour des Rouge et Bleu conquérants. Simone ouvre le score sur penalty dans le premier quart d’heure de la rencontre : jusque-là, tout va bien. Mais en fin de match, les Bretons renversent la vapeur en deux minutes et prennent un avantage définitif. Grosse contre-performance pour ce PSG qui quitte le stade sous les sifflets.

Au mois de septembre, le bilan reste mitigé : Paris enchaîne un nul, une victoire et une défaite. Face à Monaco, Lama se montre impérial et préserve les trois points de la victoire ; à Sochaux, il provoque a contrario la défaite de son équipe en relançant à la main directement sur un adversaire. Surtout, le parcours européen dans feue la coupe des coupes commence très mal : face au modeste Maccabi Haïfa, Paris ne peut faire mieux qu’un match nul 1-1 à domicile. Le match retour a lieu début octobre, et les trente dernières minutes sont folles. Haïfa marque à deux reprises, Paris parvient à égaliser à chaque fois, et donc à être en position de se qualifier. À l’orée des arrêts de jeu, les Parisiens se croient sortis d’un gros pétrin, mais sur un tir adverse, Alain Goma tend la jambe et marque contre son camp : le PSG est sorti de la coupe d’Europe dès le premier tour. « Paris sombre dans le ridicule », titre L’Équipe le lendemain, toujours adepte des formules les plus catastrophistes.

Le club de la capitale a donc la pression pour le match de championnat qui suit, à la maison contre Lens. En deuxième période, Rabesandratana pense ouvrir le score de la tête… mais Laurent Duhamel ne laisse pas l’avantage et siffle un penalty pour une main préalable. Cette décision, qui semble anodine, va avoir de lourdes conséquences : sur le tir au but, Marco Simone glisse et envoie le ballon au-dessus des cages. Dans la foulée, Lens marque, et gagne sur ce score de un à zéro. L’entraîneur choisi par Biétry, Alain Giresse, est dans la foulée congédié, après huit rencontres de championnat et deux de coupe d’Europe. C’est la première fois depuis 1988 qu’un entraîneur parisien est viré en cours de saison.

Le retour d’Artur Jorge

Pour le remplacer, Biétry pousse pour obtenir Fabio Capello. Les pontes de Canal+, alors actionnaire du PSG, refusent : ils préfèrent débaucher Artur Jorge, qui entraîne alors aux Pays-Bas. Charles Biétry se voit donc obligé de travailler avec le coach qu’il a tant décrié quand il commentait ses matches cinq années plus tôt. Dans ses valises, il emmène Denis Troch, alors entraîneur en chef au Havre, qui préfère démissionner pour rejoindre Paris. Le PSG retrouve son duo de moustachus et, dans un premier temps, cela semble fonctionner : deux matches nuls convaincants à Lyon et à Nantes — les deux fois en jouant une partie de la rencontre à 10 — puis une victoire contre Auxerre. Paris semble alors avoir enfin trouvé une vraie solidité. Mise à part une défaite à Montpellier, les résultats sont bons. Le club de la capitale se permet même de gagner sur un score fleuve au Havre. À la fin du mois de novembre, après un match nul héroïque défensivement à Marseille, le Paris SG se retrouve 6e et commence à se rapprocher, doucement mais sûrement, de la tête du championnat.

Commence alors un mois de décembre catastrophique. Offensivement, il ne se passe rien. Paris ne marque aucun but et prend seulement 2 points sur 12. Avec en point d’orgue une nouvelle défaite à Lorient avec un doublé de… Patrice Loko, poussé dehors à peine un mois plus tôt par Jorge. Durant la trêve hivernale, le PSG vit une nouvelle crise de gouvernance : Charles Biétry décide de partir, se jugeant à la fois « responsable et coupable » du marasme dans lequel le club parisien s’enlise. Il est remplacé par un énarque de Canal+, Laurent Perpère, dont le nom est source de nombreux calembours chez les gens pour lesquels le seul mot PSG suffit à faire rire.

Quelques bouleversements sont également à noter dans l’effectif, avec les départs de Ouédec et Laspalles, et surtout l’arrivée d’un trio de joueurs offensifs expérimentés : Madar, Rodriguez et Gravelaine. Mais le changement est à peine perceptible. Si les Franciliens démarrent l’année 1999 par une qualification en coupe de la Ligue face à Saint-Étienne, sur un but de Madar hors-jeu, le championnat ne repart pas sur de bonnes bases. Paris perd à domicile contre Nancy, puis est défait avec malchance à Monaco. Paradoxe : trois jours après cette défaite en D1, Paris vient se qualifier aux tirs au but face à cette même équipe monégasque en coupe de la Ligue.

Il s’en suit alors une victoire face à Sochaux — la première en championnat depuis plus de deux mois —, puis c’est la réelle dégringolade. Le PSG perd deux nouvelles rencontres de championnat, à Lens sur un but de Laspalles et contre Lyon suite à un penalty imaginaire provoqué par Dhorasoo. Surtout, contrairement à l’année précédente, Paris ne pourra pas miser sur les coupes nationales puisqu’à une élimination aux tirs au but face à Nantes en coupe de France succède une défaite en coupe de la Ligue contre Montpellier, les deux au Parc des Princes. Ce dernier match est d’ailleurs marqué par une erreur technique invraisemblable de l’arbitre, qui ne donnera lieu à aucune sanction : Montpellier remplace un joueur qui se fait expulser. Paris pose des réserves, et de nombreux médias raillent… l’attitude du PSG, accusé de manquer de fair-play [1].

Toujours est-il que sur le terrain, rien ne va. Artur Jorge, entraîneur mythique du début des années 1990, est méconnaissable. Il semble complètement perdu. Son choix d’avoir écarté Pierre Ducrocq — véritable idole des supporters — a été très mal perçu, et en quelques mois son crédit généré par des années de succès vole en éclat. À domicile, contre Nantes, il joue un match couperet, mais Paris ne fait malheureusement qu’un petit 0-0. Le PSG, douzième, s’enfonce au classement. Les actionnaires et Laurent Perpère décident d’agir : ils limogent le technicien portugais. Pour le remplacer, une solution interne est trouvée : Philippe Bergeroo est parachuté à la tête de l’équipe première. Adjoint de Giresse, puis entraîneur des gardiens sous Jorge, le champion du monde [2] devra insuffler un nouvel état d’esprit au groupe parisien, complètement assommé par cette saison qui tourne de plus en plus mal.

Victoire contre l’OM : tout est oublié

L’électrochoc est immédiat : Paris s’impose à Auxerre grâce à un but de Bruno Rodriguez. Bergeroo a d’ailleurs posé son emprunte sur cette victoire grâce à différents choix tactiques : repositionnement de Goma en arrière gauche pour placer Rabesandratana en leader de défense, Algerino devenant arrière droit. Il tentera même de faire évoluer Marco Simone en quasi-numéro 10. Mais le redressement n’est que de courte durée, puisque le match suivant se solde par une défaite domicile contre Montpellier — sur un but de Nicolas Ouédec. Toutefois, Bergeroo obtient quelques points supplémentaires par la suite, et empêche le PSG d’avoir à lutter contre la relégation.

À la 32e journée arrive la venue au Parc de l’OM, qui joue le titre et s’apprête à disputer une finale européenne. Cette rencontre devient un véritable enjeu pour les supporters parisiens, frustrés cette année-là. Contre toute attente, les joueurs rouge et bleu se montrent à la hauteur et parviennent à battre leurs rivaux du sud, grâce notamment à dix dernières minutes rentrées dans les mémoires des aficionados du PSG. Les joueurs produisent leur meilleure prestation de la saison et marquent deux superbes buts ; le Parc des Princes est en transe, et l’année terne qui vient d’être vécue est presque oubliée.

Le PSG finit son année sur deux défaites, dont une face à Bordeaux qui fera beaucoup jaser [3], mais l’impression de fin de saison reste malgré tout positive. En un match, certains joueurs ont montré qu’ils pouvaient hisser leur niveau de jeu ; surtout, l’entraîneur Philippe Bergeroo a convaincu. Son intérim est jugé réussi, il est donc confirmé dans ses fonctions pour la saison suivante. Qualifié en coupe Intertoto, Paris refuse d’y participer, préférant se concentrer sur le championnat pour effacer au plus vite le souvenir de cette saison considérée alors comme l’une des pires du PSG…

Les moments forts de la saison

En bref, quelques unes des images marquantes de la saison 1998/1999 du PSG :
- Alain Giresse, abasourdi par le but de folie marqué par Jay-Jay Okocha pour ses premières minutes en D1 ;
- Alain Goma, qui se jette pour sauver un but du Maccabi Haïfa, échoue, et se fait mal en heurtant le poteau ;
- Marco Simone qui glisse au moment de transformer un penalty, condamnant ainsi son coach ;
- Artur Jorge, entraîneur des grandes épopées parisiennes, congédié comme un paria en mars ;
- Marco Simone, venant d’égaliser face à l’OM qui vient exposer son tatouage « Batman » devant des supporters marseillais sonnés.

L’équipe-type de la saison

Lama
Algerino, Wörns, Goma, Llacer
Rabesandratana, Ducrocq
Lachuer, Okocha, Yanovski
Simone

Le PSG ayant connu trois entraîneurs cette saison-là, la formation adoptée et le poste de certains joueurs ont changé à plusieurs reprises en cours d’exercice.

Ont également participé à cette saison, par ordre décroissant de titularisations : Paisley, Carotti, B. Rodriguez, Madar, A. Cissé, Domi, Ouédec, Loko, Adaílton, Gravelaine, Manuel Helder, J. Leroy, Laspalles, Casagrande, L. Leroy.

Résumés de la saison du PSG :

- 1997/1998 : de PSG-Steaua Bucarest au doublé des coupes nationales
- 1998/1999 : « la pire saison de l’ère Canal+ »

P.-S.

Crédits photos : intalk.fr.

Notes

[1] Voir Zoom rétro n°1 : PSG-Montpellier, mars 1999.

[2] Philippe Bergeroo était l’entraîneur des gardiens de l’équipe de France lors de la coupe du monde 1998.

[3] Cette défaite privant l’OM du titre, même si le scénario de cette rencontre — tout comme celui du match Nantes-OM ayant lieu dans le même temps — prouve qu’il n’y avait rien de prémédité.

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    Panamois
    19 octobre 2011 06:52

    Pour résumer en une seule phrase cette saison : "La saison qui marqua le début de la fin !".

    Depuis cette saison notre équipe ne parvient plus à retrouver son identité de jeu qui lui permettait de briller en grande partie durant les années 90, et ce malgré de belles saisons sur le plan comptable mais sans que cette magie collective ne soit retrouvée pour autant.

    On sentait déja un peu les prémices de cette "fin" lors de la 2e partie de la saison 1997/1998 oh combien catastrophique en championnat, avec l’effectif vieillissant, le manque de réussite criard sur certaines rencontres (je pense notamment au match contre Nantes au Parc par exemple, où on doit le gagner 1000 fois tellement on s’était rué dans les 20-30 derniers mètres pendant toute la partie, avant de céder sur un péno à la dernière minute pour les nantais qui n’avaient rien montré avant ça et repartent de Paris avec un hold-up), les bléssés, la longue suspension de Guérin suite à son affaire de dopage, sans oublier quelques flops tels que Debbah et Edmilson alors qu’ils avaient été pourtant trés performants dans leurs précédents clubs.

    Mais bon malgré les raisons citées l’équipe maintenait tout de même cette philosophie de jeu vers l’avant durant ces mois difficiles sportivement parlant, c’est d’ailleurs ces vertus dans le jeu qui nous ont permis de finir la saison en beauté par 2 coupes nationales remportées (avec la manière qui plus est). Pour garder le fil avec 98/99 pour m’en être un temps soit peu éloigné, je dirais que l’équipe avec les arrivées massives au mercato estival et pas des moindres, a eu 2 fois plus de pression que ses prédécesseurs, sans qu’on ne lui laisse du temps pour que tout ce beau monde forment une cohésion, et dès que ça n’allait pas on chamboulait tout d’un coup pratiquement. Pour conclure ce fût vraiment dommage et un gros gâchis cette saison désastreuse avec ce recrutement qui était sans doute l’un des meilleurs sur le papier aprés l’ère Denisot …

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