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Les recrues du PSG en 1997 — épisode 2/5

Portraits d’anciens du PSG : Maurice, Edmilson, Gava

Revisitez la carrière parisienne des joueurs arrivés au PSG en 1997

lundi 4 octobre 2010, par Gauthier B.

Portraits d'anciens du PSG : Maurice, Edmilson, Gava

Autre temps, autres mœurs… En 1997, le PSG sortait vainqueur de sa cinquième demi-finale de coupe d’Europe consécutive, face à Liverpool. Il accédait ainsi à sa deuxième finale européenne d’affilée. Les joueurs rouge et bleu ? Raí, Leonardo, Loko, Dely Valdes, Le Guen, Roche, Guérin… ou encore Anelka, Allou et Domi. Que la nostalgie vous habite depuis que vous avez vécu ces heures magiques, ou qu’au contraire vous souhaitiez enfin les découvrir, nous vous proposons de les revisiter. Toute cette saison, PSGMAG.NET vous ramènera au siècle précédent, en vous proposant au début de chaque mois le résumé d’une saison passée, et le portrait des joueurs arrivés au club à l’époque. L’opération « rétro » débute avec la saison 1997/1998. Au programme, la carrière parisienne de Florian Maurice, Edmilson et Frank Gava.

Cette semaine, retrouvez les portraits de Florian Maurice, Edmilson et Frank Gava.

Florian Maurice

Quand le PSG recrute Florian Maurice, beaucoup pensent qu’il s’agit du futur attaquant de l’équipe de France, peut-être même pour la coupe du monde à venir. Le buteur a débuté à l’Olympique lyonnais dès 1992, à seulement 18 ans. Là-bas, il s’est forgé au fil du temps une solide réputation d’attaquant vif et spontané. Il réalise deux saisons pleines et prolifiques — 15 buts en L1 en 1994/1995, 19 en 1995/1996 —, mais manque l’essentiel de la suivante en raison d’une rupture des ligaments croisés du genou. Au printemps 1997, il fait toutefois un retour remarqué et dispute le tournoi de France avec les Bleus, lors duquel il se montre à son avantage.

Les explications que donne Florian Maurice en novembre 1997 sur son choix de rejoindre Paris durant l’été sont savoureuses [1] :

J’avais Marseille [comme alternative], mais j’ai préféré la stabilité du PSG. Marseille est un club en reconstruction et à l’époque on ne connaissait pas les nouveaux joueurs qui allaient y être engagés, alors qu’à Paris, je connaissais déjà l’effectif. […] La présence au PSG de Gava et Ngotty ? Cela a sans doute joué, mais il n’y a pas que ça. Depuis quatre ou cinq ans, c’est le club phare français. Il est très médiatique et si j’ai la chance de flamber ici, ça peut aller très vite. […] Le fait d’évoluer dans un des meilleurs clubs de France incite les gens à être plus attentifs aux performances. La saison difficile qu’a vécu le PSG l’année dernière [seulement finaliste de coupe d’Europe et vice-champion de France…] ne m’a-t-elle pas incité à aller voir ailleurs ? Non, Paris est un grand club !

Paris sort donc 41 millions de francs pour le recruter, et son association avec Marco Simone est très prometteuse. La satisfaction est de mise au début, puisque le PSG gagne et que Maurice marque — 7 buts lors des 12 premières rencontres. Surtout, ses buts sont la plupart assez jolis et parfois dans des positions improbables : une belle reprise en pleine course face au Havre, ou encore une demi-volée en pivot face à Auxerre. Enfin, en coupe d’Europe, il marque le quatrième but face au Steaua Bucarest au terme d’une contre-attaque parisienne inoubliable.

Mais, comme tous les joueurs revenant d’une longue convalescence, Maurice subit à l’automne un gros contre-coup. Il devient nettement moins en forme, et il s’entend par ailleurs de moins en moins bien avec son compère d’attaque, Simone, à qui il reproche d’être trop individualiste. S’il parvient à jouer assez régulièrement en deuxième partie de saison, il ne marque plus — à l’exception d’un but en coupe de la Ligue —, se montre offensivement inconsistant et ne figure pas dans les équipes victorieuses en coupes nationales. Maurice voit donc les inattendus Guivarc’h, Dugarry et Trezeguet lui passer devant en équipe de France. À l’intersaison suivante, Biétry veut à tout prix s’en débarrasser, et il le cède à Marseille pour 34 millions de francs. L’ex-nouveau-JPP rejette toute responsabilité dans son échec parisien [2] :

Mon bilan au PSG ? Mitigé… J’ai eu un très très bon départ, puis un gros trou. C’est à l’image de l’équipe. […] Si j’ai le sentiment d’avoir commis des erreurs ? Pas vraiment, parce que j’ai la certitude d’avoir essayé de faire de mon mieux. […] Il valait mieux que je m’en aille. D’abord, j’ai connu quelques pépins physiques qui ont forcément altéré mon rendement. Ensuite, j’ai senti un changement d’attitude de mes coéquipiers sur le terrain. J’avais le sentiment de recevoir bien moins le ballon qu’en début de saison, que mes partenaires jouaient de moins en moins avec moi. […] La pression des médias ? Ça a du jouer aussi. Mais je n’en ai pas été la seule victime. À Paris, on est toujours critiqué, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. C’est comme ça, il faut faire avec.

Dès son transfert entériné, Maurice retrouve les Bleus, mais uniquement pour des rencontres amicales. À Marseille, il se montre dans un premier temps très adroit et semble retrouver sa splendeur lyonnaise. Il prend un malin plaisir à marquer plusieurs fois contre Paris — dont une fois, au Vélodrome, où il réalise un sketch ridicule, jetant sa chaussure dans les tribunes. Il reste trois saisons dans le Sud, mais la dernière année est difficile pour lui. il quitte donc l’OM, et tente l’aventure espagnole, au Celta Vigo. C’est un échec. Il revient en France, à Bastia, où il parvient à afficher un niveau correct deux années durant. En 2004, il vit une courte période de chômage et s’engage à Istres, faute de mieux, club qu’il quitte six mois plus tard pour Châteauroux, en L2. Visiblement plus au niveau, Maurice décide d’arrêter à l’été 2005, à l’âge de 31 ans. Il a tenté une reconversion dans les médias — consultant sur OL TV et homme de terrain sur Foot+ —, avant d’intégrer la cellule recrutement de l’OL.

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Edmilson

En recrutant Edmilson, le PSG croit réaliser un gros coup. Pour 18 millions de francs en plus de la cession de Daniel Kenedy — estimée à 3 MF —, Paris achète un des joueurs clefs du FC Porto. Le milieu droit est en effet un des principaux artisans des deux derniers titres de champion du club portugais, en ayant marqué 24 buts en deux saisons. La vitesse et les dribbles de celui que l’on surnomme « l’express de Porto » sont supposés aider le PSG à briller en Ligue des champions. « Le club parisien est déjà paré pour le remplacement de Leonardo si le départ de celui-ci se confirme », s’enflamme ainsi France Football le 25 juillet 1997. Claude Le Roy confirme que l’arrivée d’Edmilson a été mûrement réfléchie [3] :

Ricardo, qui l’avait rencontré à plusieurs reprises dans le championnat portugais lorsqu’il évoluait, lui, sous les couleurs de Benfica, suivait ce joueur depuis quelques temps déjà. Edmilson n’est pas venu ici par hasard ni faute de mieux. Il s’agit vraiment d’une volonté du club. Il va nous servir de véritable accélérateur en milieu de terrain.

La révélation parisienne de la saison précédente, Jérôme Leroy, voit d’ailleurs d’un mauvais œil l’arrivée de ce Brésilien — il a tort, il jouera beaucoup plus. Edmilson se montre très vite décevant : pourtant titulaire quand le PSG gagne en début de saison, il ne convainc absolument personne. Il ne marque pas, ne fait marquer personne, et ses dribbles tant attendus n’arrivent jamais. Il disparaît progressivement de l’équipe et se retrouve transféré au Sporting Portugal dès le mois de janvier 1998.

Là-bas, il participe au premier titre de son nouveau club depuis des lustres, où il marque à nouveau une dizaine de buts dès sa première saison complète. Ensuite, sa carrière décline progressivement. Il retourne dans le championnat brésilien en 2001, puis en D2 portugaise, en Norvège et achève sa carrière en 2007 dans les divisions amateurs de son pays natal.

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Franck Gava

En 1997, le PSG se prépare au départ de son milieu gauche brésilien, Leonardo. Pour le remplacer, les Parisiens vont se tourner vers le club, encore modeste à l’époque, dirigé par Jean-Michel Aulas. L’Olympique lyonnais cède au PSG de deux ses meilleurs joueurs, puisque Florian Maurice rejoint également Paris cet été-là. Franck Gava, formé à Nancy, est alors en pleine bourre : auteur de 8 buts en championnat, il a même découvert les joies des sélections en équipe de France A lors de la saison 1996/1997.

Au PSG, Gava se fond rapidement dans le collectif. Presque systématiquement titulaire, le plus souvent sur le côté gauche, il est un artisan du très bon début de saison parisien. Il marque son premier but dès la troisième journée, face à Cannes. Toutefois, s’il se montre être un joueur assez plaisant à voir évoluer, il peine à se montrer décisif. Lorsque le PSG chute au classement, il ne tire pas son épingle du jeu, et sombre avec l’équipe. Il honore sa dernière sélection avec les Bleus en novembre, et voit l’objectif de la coupe du monde lui passer sous le nez : Bernard Diomède lui sera préféré en tant qu’ailier gauche.

Il remporte toutefois les premiers — et seuls — trophées de sa carrière cette saison-là. Il est notamment passeur décisif sur le but de Raí en finale de la coupe de France.

À la fin de saison, Gava pense continuer à Paris, mais le nouveau président Charles Biétry en décide autrement : il prend très vite en grippe le joueur, mettant en avant son mauvais bilan statistique — deux buts et une passe décisive en championnat — pour justifier le choix de le transférer à Monaco. Le départ du joueur se fait avec grand bruit, Gava et Biétry se tançant par presse interposée : Gava reproche à son président de l’avoir poussé dehors pour détruire l’héritage de Denisot, et Biétry s’insurge contre le comportement de son joueur, qui voulait définir lui-même le montant de son transfert. (voir Juillet 1998 : reprise dans la sérénité (ou presque))

Sur le Rocher, Gava réalise une saison quelconque et quitte au bout d’un an la Principauté pour rejoindre Rennes. Il sera très vite obligé de mettre un terme à sa carrière : victime d’arthrose au pied, ce qui est très rare pour un homme de 30 ans, Gava est déclaré inapte à la pratique du sport de haut-niveau.

Domi, Maurice, Ngotty, Gava et Loko (photo PSGMAG.NET)

Ils sont arrivés au PSG en 1997…

- Pierre Ducrocq, Fabrice Kelban, Edwin Murati
- Florian Maurice, Edmilson, Franck Gava
- Francis Llacer, Marko Pantelic, Christophe Revault : bientôt
- Marco Simone, Didier Martel, James Debbah : bientôt
- Édouard Cissé, Éric Rabesandratana : bientôt

P.-S.

Crédits photos : PSGMAG.NET.

Notes

[1] Source : Capitale Foot, novembre 1997.

[2] Source : France Football du 21 juillet 1998.

[3] Source : France Football du 8 août 1997.

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1 commentaire a déjà été posté par nos lecteurs

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    Thibaut
    7 octobre 2010 07:55

    BRAVO au fait pour ces articles !

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