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Chronique d’Arno P-E

[PSG 0-3 Lorient] Les yeux pour pleurer

Avons-nous tout perdu ?

lundi 8 février 2010, par Arno P-E

[PSG 0-3 Lorient] Les yeux pour pleurer

La gifle reçue par le Paris Saint-Germain face à Lorient laissera des traces. À la sortie du Parc des Princes, la foule déambulait, sonnée. Une marée d’anéantis. Pas de haine, pas de cri ni d’insultes. Juste le désespoir. La tristesse. Et comme une peur du vide qui s’ouvrait sous leurs pieds : mais que reste-t-il aujourd’hui aux supporters du PSG ?

Peu avant la pause, l’association de supporters Grinta Paris vidait son bloc. Quelques minutes plus tard, trois supporters, masqués, déboulaient dans le Virage Auteuil avec une barrière métallique. Descente d’Auteuil rouge, la barrière Vauban était déposée en travers de la fosse, prête à servir d’échelle pour accéder à la pelouse. Mouvement de foule, intervention des stadiers, irruption massive de supporters prêts à envahir le terrain… L’arbitre sifflait la mi-temps et les joueurs regagnaient les vestiaires sans demander leur reste.

Le Virage tangue, les gars de la partie haute de la tribune regagnent les coursives. La rage est perceptible. L’humiliation aussi. La colère, surtout. Comment supporter de voir son équipe menée par trois buts à zéro en une demi-heure ? Puis les minutes passent. Et la seconde mi-temps. Et la fin du match. Statu quo. Trois à zéro. Face à Lorient. Paris brisé, Paris humilié, Paris martyrisé…

Les travées se vident. La fureur a disparu. Le bruit aussi. La seconde période s’est déroulée comme dans ces cauchemars où l’air, grumeleux, vous empêche de courir. Des joueurs au ralenti, des supporters qui reprennent ça et là quelques chants d’insultes avant de se taire définitivement. Les scores des autres équipes n’appellent aucune réaction. La douleur empêche tout. C’est fini. Le couperet est tombé depuis longtemps, chacun le savait, mais là, trois coups de sifflet, ne reste que la souffrance. Et maintenant ?

Les rivières Rouge et Bleu se croisent, à l’ombre du Parc. Chacun rentre chez soi et les premiers mots ne sont pas pour les joueurs. Tout a été dit. Ils ne sont pas pour le coach, ou l’actionnaire. À quoi bon ? Non, dans ces courants emmêlés, c’est une question qui émerge. Très simple, et surtout cruelle. Et maintenant ?

Que faire ? Parce qu’à bien y regarder, il ne reste plus beaucoup de motifs d’espoir aux amoureux du Paris SG. Certes, la première moitié de la saison fut dure. Mais grâce à son un bon départ, Paris restait à portée de tir des places européennes. L’équipe marchait cahin-caha, certes, mais les rares fois où elle s’inclinait, c’était par la plus faible des marges. Il y avait aussi Hoarau, qui allait revenir pour former le duo tant attendu avec Mevlut Erding : le Réunionnais serait la première recrue du mercato, disait-on. D’ailleurs, qui dit première appelle une seconde.

Dans le malheur ou dans la gloire…

Sauf qu’après Lorient… Fini, le mercato ! Hoarau ? Sorti à une demi-heure de la fin sans avoir vu son but validé. Et Paris s’enlise en fond de classement. Et les raisons d’y croire encore jouent les championnes du monde de cache-cache.

Alors, que leur reste-t-il aux supporters du PSG ? La joie d’une possible victoire en coupe de France ? Vue la dynamique actuelle, difficile de se la jouer confiant. L’espoir d’un sursaut des joueurs, d’un coup de fouet du coach, d’un électrochoc dans le vestiaire ? Les moins blasés eux-mêmes n’ont plus la force d’y croire, après cette défaite. Et le poids des rencontres à venir. Seize rencontres, minimum ! Daniel Riolo l’écrivait il y a plusieurs semaines : pour Paris, la saison est déjà terminée.

Sauf qu’il a tort : ces seize matches, il va bien falloir se les goinfrer. Paris est englué dans un quotidien fangeux, avec quatre mois de purge pour seule perspective ! Alors, faut-il abandonner le club ? Puisque la saison serait finie, autant rester à la maison !

Qui le peut, ça ? Non… Il faudra bien y retourner, dans ce stade. Mais pour quoi, au juste ? Puisque l’espoir, la joie et le plaisir ont fuit depuis longtemps. Quelle motivation reste-t-il aux Parisiens, en dehors d’une routine qui les amènerait porte d’Auteuil, continuer à insulter un actionnaire qui se fout de leurs promesses sodomites comme de sa première opération boursière ?

Cherchez, fouillez : devant les supporters, la fin de saison. Sombre. Dessous, le vide. Derrière ? Les regrets, les échecs, un âge d’or révolu qui ne se reconquerra pas juste parce qu’on tape du pied en enfants gâtés. Et là-haut ? Pas grand-chose… Une poussière. Oubliée, laissée dans un coin. Un vestige. Notre honneur de supporters.

Perdu, le titre. Perdue la coupe d’Europe. Perdus les rêves de beau jeu à la Kombouaré, de joueurs transcendés, d’un PSG triomphant. Évanouis les recrues du transferts, les jolis noms. Disparue la confiance, la sérénité et le plaisir. Rien. À part la fierté d’être supporters, il ne nous reste plus rien. Que nos yeux pour pleurer.

Cet honneur, ce dernier trésor préservé des temps anciens, il faudrait essayer de ne pas le détruire, lui aussi. La douleur, on la partage. Mais ne la laissons pas nous aveugler. La tristesse, elle nous accable, tous. Encore faut-il prendre garde à ne pas la voir nous entraîner trop loin. Si les tribunes populaires du Parc devaient se limiter à un océan d’insultes envers notre propre équipe, alors là, là nous aurions vraiment tout perdu.

Que nous puissions encore chanter dans le malheur ou dans la gloire, fidèles à nos couleurs tête haute. Qu’on se laisse au moins ça.

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8 commentaires ont déjà été postés par nos lecteurs

  • #1

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    Amirage
    8 février 2010 10:21

    Il y a quand même un fait confortable vis à vis de la période récente de 2007 et 2008 c’est cette avance sur les relégables. Bien sur ça n’est pas une consolation ou bien maigre mais au moins on est un peu plus sereins qu’il y a 2 ou 3 ans. Je me suis aussi amusé à comparer les autres championnats, avec le même nombre de points 29 Stoke City est 11 ème de Premier League. Le 15 ème Burnley n’a que 23 points et est très proche des relégables. En Espagne, ils n’ont joué que 21 match mais grossomodo le PSG serait aux alentours de la 10 ème place si on convertit à la moyenne de points. En Italie Parme (22 match) et le Chievo 29 points sont 11 et 12 èmes de Serie A. Le 15 ème n’a que 24 points (22 match, le 14 ème 25 pts 23 match).

    Ce que je veux dire c’est que la situation de Paris en championnat est paradoxale. A la fois la faiblesse des 3 derniers lui assure une marge malgré le sol qui se dérobe sous nos pieds, les attaques de Merlus, les csc, les péno et autres cartons rouges contre contre citadelle de mental château de carte. Mais d’un autre coté cette même faiblesse créé une cassure telle entre eux et le reste du championnat qu’il faut plus de points pour être 15ème que dans les autres championnats.

    Sinon vous avez parlés (peut être pas sur cet article) de la série de 4 défaites. Mais allons à contre courant. Elles datent de quand les séries les plus récentes de 4 victoires consécutives ? Pour 3 victoires à la suite c’était en tout début de championnat (J2 à J4, Lemans, VA et lille). Après en fait on n’a que 2 séries de 2 victoires et 3 victoires isolées. Voila le bilan de l’année. Mais je n’ai pas d’archives.

  • #2

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    Vivien Brunel
    8 février 2010 10:32

    Salut Amirage,

    Sinon vous avez parlés (peut être pas sur cet article) de la série de 4 défaites. Mais allons à contre courant. Elles datent de quand les séries les plus récentes de 4 victoires consécutives ?

    La dernière série de quatre victoires consécutives en L1 remonte à l’an dernier, à la même époque d’ailleurs : Sochaux, Caen, Nantes et Saint-Étienne en janvier-février. On accédait ainsi à la deuxième place… Avant cela, il fallait remonter au début de la saison 2003/2004 (5 victoires d’affilée).

  • #3

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    Arno P-E
    8 février 2010 10:38

    Merci Amirage pour cette étonnante comparaison avec les championnats majeurs. C’est un point de vue très étonnant, auquel je n’avais pas du tout pensé. Cela laisse quelques espoirs : le ventre mou est très serré et une hypothétique bonne série peut nous faire grimper très vite.

    Mais paradoxalement, je me demande si l’absence couperet ne pourrait pas se retourner contre nous :-O : il y a deux ans, la peur de la relégation avait maintenu une telle pression sur tous les supporters que chacun avait déclaré l’union sacrée. Les risques étaient trop gros pour que les tribunes se permettent de relâcher leur soutien.

    Là en revanche, vue notre avance, nous sommes plutôt sereins. Déçus, frustrés, mais pas apeurés pour le court terme. Le PSG devient moyen (ce qui n’amuse personne) mais il n’est pas encore menacé de relégation, et du coup je me demande si certains supporters ne risquent pas de s’autoriser des écarts que l’on regretterait par la suite.

    Cela donnerait-il une bonne image d’entamer une grève des chants de 6 mois ? Quelle direction cela va-t-il prendre ? Va-t-on chanter puis stopper dès que le Paris Saint-Germain est mené ? Parce qu’à regarder la vérité en face, c’est ce qui s’est passé : les tribunes se sont délitées en même temps que le terrain. Est-ce à notre honneur ? faut-il carrément ne plus chanter du tout, quoi qu’il arrive ? Est-ce mieux en terme de fierté pour un supporter ?

    Il y a quand même un gros souci derrière tout cela.

  • #4

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    snow
    8 février 2010 11:11

    Loin de moi l’idée de donner une quelconque leçon de supporterisme….
    Mais il nous reste en effet un paquet de matchs sans enjeu jusqu’à la fin de saison.

    Je reve d’un public qui se dirait : " on a plus rien à esperer ou craindre de cette saison, on va en profiter pour chanter comme jamais notre amour du club".

    Douce utopie probablement. Mais puisque paquet de supporters sont en extase devant des public fideles comme leeds ou notingham forrest ( grands clubs descendus en division inferieur), pourquoi ne pas faire pareil.

    Si le trip est de crier contre l’actionnaire, allons-y, mais dans le même temps, chantons à tue tête notre amour du club. Le Paris SG survivra par son public ou sombrera.
    Arretons de rêver d’un milliardaire investissant à perte. C’est à nous de porter le club dans ses pires moments. Et quand des jours meilleurs reviendront ( parce que ça reviendra), tout ceci ne sera que plus jouissif.

    Purée, mais supporter un club c’est 90% de mauvais moments et 10% d’extase totale. Sinon, on pose ses fesses au nou camp ou au santiago bernabeu et on consomme du football.

    Non au foot business qu’ils disaient.
    Alors oui à des supporters qui crient leur amour pour un club sans attendre en vain un mecene sans saveur.

  • #5

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    stanc
    8 février 2010 13:08

    Je suis le premier à tolérer les erreurs d’appréciation des arbitres mais là j’avoue que je suis consterné par la méconnaissance/incompréhension crasse de la règle des arbitres qui ont refusé le but d’Hoarau. C’est le minimum de connaitre la règle. Le ballon étant au fond des filets, ils avaient le temps de la réflexion. Pour moi, tout part de là. Armand pète clairement un plomb en premier en provoquant ce penalty. Les joueurs, déjà accablés par les déboires et la malchance récents, sont groggy. Alors en perte de lucidité, le deuxième but (joli) vient comme dans un cauchemar. Là, c’est le KO. Le troisième, joli aussi dans sa finition, bénéficie malgré tout d’un contre favorable.

    Je ne cautionne généralement pas qu’on fustige les arbitres quand on a le soutien du 1000 images/s parfois trompeur. Mais là ce n’est pas le problème. Il n’y a jamais de situation de hors-jeu puisque aucun de ses coéquipiers ne lui passe le ballon dans cette position. L’intervention du lorientais, volontaire ou non, n’a même pas à être prise en compte. Les journalistes ou consultants l’ont à peine souligné alors que là il y a matière à discussion. Pauvre de nous…

    Les têtes de nos joueurs sont bien malades. Ils valent pourtant bien mieux que ça, quoi qu’on en lise. Courage à eux, il leur en faudra.

  • #6

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    Amirage
    8 février 2010 14:31

    Merci pour vos réponses. A mon tour de vous répondre sur un point.

    Vaut il mieux être en danger et être forcés à l’union sacrée ou au contraire être dans notre situation actuelle ? Franchement devant l’absence de ressorts de l’équipe en ce moment, sa fragilité mentale extreme il n’y a pas photo je préfère encore la situation actuelle. Et puis être sur le fil du rasoir c’est dangereux.

    J’avoue avoir la naïveté de croire que comme le fameux "syndrome" du Parc où nous n’arrivions pas à gagner lors de la phase aller il y a un peu plus de 2 ans. Que pour 2010 il faut un peu la même chose, que nous réussissions à gagner ou du moins à prendre notre premier point en 2010 pour casser la série.

    Cela donnerait-il une bonne image d’entamer une grève des chants de 6 mois ?

    On s’en fou de l’image. Ca n’est pas ça qui doit jouer. En plus ça n’est pas comme si l’image du supporter parisien était forcément bonne à priori. Je pense même qu’a l’extreme si une action comme ça se passait "sans heurt majeur" durant la période ça pourrait à la limite "la réhausser". (peut etre très temporairement mais bon).

    Après je ne sais pas si en soit c’est mieux ou pas. Une action comme ça, est faite pour créer un choc. Pas sur que ça ne soit pas un remede pire que le mal pour une équipe choquée et traumatisée au moindre fait de jeu contraire qui a une capacité à se prendre toute seule.

    Il faut qu’il se passe quelque chose oui. Mais le sursaut, l’orgueil, la fierté ne me paraissent pas suffisants face à cette impuissance ce sentiment que cette équipe quoiqu’elle face il y a toujours un moment où paf.

    Maintenant j’avoue que malheureusement je n’ai pas la chance de pouvoir aller au Parc sauf une fois de temps en temps. Et qu’il est facile pour moi derrière mon clavier et à froid de dire cela.

    Quelle direction cela va-t-il prendre ?

    Je trouve cette question assez drole. Dans le sens où j’ai une théorie perso qui veut que dès qu’il y a du flou dans la direction du club, qu’il n’y a pas de cap ben ça part dans tous les sens.

    Et du coup cette question d’incertitude m’évoque, l’absence de cap, de la part de Colony. Et l’appel d’offre pour le Parc (avec la petite lettre de Bazin) illustre cela. Il y a comme un flou à Paris en ce moment c’est indéniable.

    Même la saison prochaine s’annonce quelque part floue avec des départs programmés (Makélélé, certainement Rothen, Kezman, probablement Guily et j’en oublie).

    Maintenant pour revenir au terrain nous jouons contre l’OM dans pas longtemps. C’est peut être un bien. A ce rythme la l’OM va se pointer au Parc en grand favoris. C’est peut être ce qui peut arriver de mieux à Paris en ce moment car on n’a pas la carrure ni du favoris, ni du challenger. Un peu plus près et à l’extérieur on va jouer à Nancy une équipe que je qualifierais de neutre, dans le sens absence d’apprioris envers cette équipe à notre portée. La aussi c’est une bonne occasion de faire un résultat.

    Va-t-on chanter puis stopper dès que le Paris Saint-Germain est mené ?

    Encore une fois c’est l’avis d’un mec qui n’a pas la chance d’aller au Parc très souvent mais personnellement je pense que le plus simple serait de chanter sans se préoccuper du tableau d’affichage. Ou ne pas chanter sans se préoccuper du tableau d’affichage. Mais être comme l’équipe crispée à l’idée d’être mené et amorphe après ça n’est pas bon signe.

    Si j’étais un habitué du parc dans un groupe de supporter et si j’avais possibilité de faire une banderole j’en ferais une avec le message suivant :
    "Contre un Paris Colonysé par les soucis, notre arme c’est l’insouciance"

    Parce qu’à regarder la vérité en face, c’est ce qui s’est passé : les tribunes se sont délitées en même temps que le terrain. Est-ce à notre honneur ?

    Non mais c’est humain.

    Et ça montre que le sens est mauvais. C’est le terrain qui contamine les tribunes. Alors que "l’honneur du supporter" serait au contraire de réussir à ce que les tribunes portent/transcendent les mecs sur le terrain.

    faut-il carrément ne plus chanter du tout, quoi qu’il arrive ? Est-ce mieux en terme de fierté pour un supporter ?

    Il faut carrément ne plus se préoccuper des résultats et du tableau d’affichage. C’est cela qui simplifiera la vie. Et donc faire ce qu’il faut faire quand on ne se préoccupe pas de ça. Voila comment je vois les choses.

  • #7

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    didou95
    8 février 2010 19:51

    Moi, didou95 je suis Handicapé et appartient à l’association HANDICAP-PSG.
    Nous, les Handicapé(e)s ont se trouve pas d’excuse en vivant chaque jour notre vie…
    On y vas, et c’est tout…Même quand on a mal on y vas…meme quand on doute on y vas…c’est notre dignité d’Homme.

    Joueurs de mon équipe de coeur depuis 1976 vous avez perdu cette dignité…
    REAGISSEZ il n’est pas trop tard…

  • #8

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    stanc
    8 février 2010 20:08

    Handicapé ou pas, il y a des périodes plus difficiles que d’autres. Personne ne peut se targuer de ne jamais fléchir et quand c’est en plus collectivement et très médiatisé, imagines.

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