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Leonardo s’est expliqué face à la presse

Leonardo s’explique : le recrutement, les ambitions

vendredi 12 août 2011, par Vivien B.

Jeudi après-midi, le directeur sportif du PSG a rencontré plusieurs dizaines de journalistes français et étrangers pour faire le point sur les questions suscitées par l’intersaison parisienne : ses responsabilités, ses relations avec Antoine Kombouaré, le recrutement « italien » et l’effectif 2011/2012, le pari Javier Pastore, les ambitions du PSG et la Ligue des champions.

Leonardo évoque ses responsabilités

Le directeur sportif du PSG est brièvement revenu sur son choix de rejoindre Paris cet été, avant de répondre aux questions sur ses responsabilités au sein du club. Il a notamment expliqué pourquoi, contrairement à ce qui avait été annoncé, il y a eu jusqu’à présent très peu de changements dans l’organigramme du club.

J’ai joué ici un an. Un amour court et intense. Partir de Paris, même si je n’étais dedans que depuis un an, et terminer sur un match qui reste encore dans ma tête face au Steaua Bucarest, c’était une histoire incroyable. Le lendemain je signais à Milan. C’était difficile pour moi de partir car j’étais très bien ici. J’ai toujours vécu dans la possibilité de revenir. Je suis là. Mais je ne m’y attendais pas cette année. J’étais à l’Inter Milan avec un projet. Ça me paraissait impossible de partir. Je ne vais pas faire de la démagogie et dire que je suis là parce que j’aime Paris. Mas sincèrement, je savais en moi que j’allais revenir. Ça a été proche en 2006, en 2008 et aujourd’hui c’est concret. Et je suis vraiment content.

Président du PSG ? Je n’ai pas la formation pour cela. Je n’ai jamais rêvé de ce poste. Nasser [al-Khelaifi] est le président du club. Il décide de tout, il est présent, il s’investit complètement dans le club. Il est actif, sait tout ce qui s’y passe. Il donne la ligne et parle avec tout le monde. Mon rôle, c’est directeur sportif. La structure fonctionne très bien et elle est très claire pour tout le monde. […] La première chose pour changer un système, ce ne sont pas seulement les personnes mais la manière de faire. Les mêmes personnes peuvent travailler de manière différente et arriver à des résultats. Si, après, tu ne réussis pas, alors il faut changer les personnes. C’est l’autre alternative. Le PSG est déjà bon, il doit maintenant aller vers l’excellence.

Ses relations avec Antoine Kombouaré

Après la défaite du PSG face à Lorient samedi dernier (0-1), l’avenir d’Antoine Kombouaré fait beaucoup parler. Leonardo a rappelé quelques évidences : s’il a été conservé cet été, c’est que l’entraîneur parisien fait partie du projet des nouveaux dirigeants ; pour autant, si les contre-performances se multiplient, il sera évidemment débarqué.

Est-ce qu’on va le changer s’il perd ? C’est le monde entier qui fonctionne comme ça ! Il a très bien fait la saison passée, la quatrième place, la finale de la coupe de France, il a été en Ligue Europa, il n’a perdu que contre le Benfica dans cette compétition. Il a très bien fait. Après, il y a la vie du football. Même moi, je ne sais pas combien de temps je vais passer ici. C’est la vie du football, c’est normal. Antoine le sait : il connaît la vie d’entraîneur. Mais on ne pense pas à ça. Le projet, c’est avec Antoine Kombouaré. Il a le vécu, connaît les joueurs et le club.

Benitez et Ancelotti ? Il n’y a aucun projet futur avec un nouvel entraîneur. Avec Antoine, on se parle presque tous les jours, on se voit souvent. Il n’y a pas de division. On parle entre techniciens mais je ne veux pas marcher sur ses prérogatives.

Le recrutement « italien » et l’effectif 2011/2012

Les questions ont également beaucoup tourné autour du mercato. Leonardo a tenu à rappeler que seul le montant du transfert de Javier Pastore est « hors-limite », les autres arrivées s’étant conclues aux prix du marché. L’ancien Milanais a également insisté sur le fait que Paris avait recruté de jeunes joueurs, prometteurs, essentiellement pour compenser les départs.

On n’a jamais dépassé plus de 8 M€. Sauf Gameiro qui vaut un peu plus [11 M€] et Pastore qui a coûté ce qu’il a coûté. Les autres, c’est le marché normal. Économiquement, ce que l’on a réalisé est très, très bon. Ce sont de jeunes joueurs à un montant normal. […] En Angleterre et en Espagne, c’est plus difficile d’acheter car ils ont plus de moyens. Les clubs sont plus riches. C’est plus difficile d’acheter en Angleterre et les joueurs ont des salaires beaucoup plus hauts par rapport à l’Italie par exemple. Un bon joueur en Angleterre, ça peut être le double de celui que tu vas prendre en Italie. Ce sont des cycles, il y a dix ans, la Serie A était le championnat le plus riche. Là, c’est l’Angleterre.

On pense aussi au futur et pas seulement à la saison, c’est pour ça qu’on a pris des jeunes joueurs. On a pris un gardien de 24 ans, et on a un autre, Areola, que je considère de grand talent, qui a 18 ans. Ménez, Matuidi et Gameiro ont 24 ans. Ils sont internationaux. Pastore en a 22, Sissoko a 26 ans… Bisevac est un joueur d’expérience qui connaît la France. Il a 27 ans, il est encore jeune.

Nous avons aujourd’hui 24 joueurs dans l’effectif. On a cinq joueurs de plus de 30 ans et quatre jeunes du centre de formation. C’est un effectif normal. Six joueurs sont arrivés en dix jours mais deux gardiens [Coupet et Edel], Makelele, Giuly, Clément, Makonda… sont partis.

Qu’ils jouent ou ne jouent pas, ce n’est pas l’important, mais les patrons sont Camara, Armand, Cearà, Douchez, Nenê. Ils sont plus âgés, ont de l’expérience et doivent se montrer responsables de l’esprit du groupe. On leur a demandé de tenir ce rôle.

Normalement, le recrutement est terminé mais le marché est toujours ouvert. Il y a toujours des propositions, des opportunités, des possibilités. Il y a aussi des joueurs qui veulent partir. Si c’est le cas, on sera obligés de compenser ces départs. S’il y a une opportunité économique et technique, on la prend.

Le pari Javier Pastore

Avec un transfert estimé à 42 M€, Javier Pastore suscite beaucoup d’attentes. Leonardo a justifié le prix payé par le PSG pour s’attacher ses services.

C’est un très grand joueur. Avant, la France ne se mêlait pas à ce marché-là. Aujourd’hui, il y a dix grands clubs dans le monde. On est entrés en concurrence avec ces équipes-là. Mais si on attend dix jours on ne le prend plus, car toutes les grosses équipes attendent la fin du marché pour faire baisser le prix. Il y a une limite à la prudence. On se doit de prendre des risques. On a aussi payé ce qu’on pense que Pastore peut devenir. Et ça, c’est combien ? Difficile à mesurer. On dit : Pastore, c’est trop cher. Alors, si c’est trop, on ne le fait pas ? C’est avec ce genre de transfert qu’on réalise un saut qualitatif.

À 21, 22, 23 ou 24 ans, quelqu’un qui a une opportunité comme ça et qui se rate parce qu’il sort en boîte de nuit, alors ce n’est pas un grand joueur. S’il se perd à Paris, il se perdra à Rome, à Madrid ou même chez lui dans une petite ville. Car il n’aura pas la structure pour devenir un grand joueur. Si ce n’est pas un grand joueur, on va le voir tout de suite. Les grands joueurs passés ici ont déjà démontré qu’on pouvait le faire.

Les ambitions du PSG

Interrogé sur les ambitions du club parisien, Leonardo a évoqué la qualification en Ligue des champions mais aussi un « changement de mentalité », nécessaire selon lui pour s’imposer dans le championnat de France.

On a cherché à renforcer l’équipe pour la rendre compétitive en France et en Ligue Europa. Mais ne soyons pas trop prudents. On se doit d’assumer la responsabilité de faire des choses. Prudents, oui, car on a besoin de temps avec des joueurs qui viennent d’arriver, dont certains vivent encore à l’hôtel. Mais ce n’est pas une excuse. On va à Rennes pour chercher la victoire.

Ce n’est pas vital et tout ne s’arrêtera pas si on n’est pas en Ligue des champions, mais c’est important. Notamment au niveau des recettes. Avec la Ligue des champions, on gagne plus d’argent. Et puis les grands joueurs sont plus intéressés pour venir. Ça conditionne beaucoup de choses.

On est conscients que pour faire ce que l’on veut, on a besoin de temps. On doit créer les bases pour que le PSG devienne vraiment compétitif en France et en Europe pour toujours. […] Ce qui doit changer, c’est la mentalité. Le PSG n’a gagné que deux championnats en 41 ans. Il n’y a pas d’autre capitale dans ce cas en Europe. On se doit de comprendre et de chercher des solutions pour changer ça. Chaque saison, le PSG dit qu’il veut gagner le championnat. C’est une tradition. Mais dans l’esprit, ce n’est peut-être pas le cas. C’est ça le déclic que l’on doit amener et cela, ça ne se fait pas en deux jours. C’est le moment de faire un saut en avant. Le saut en avant, ce n’est pas seulement de gagner le prochain match. Le saut, c’est le changement de mentalité. Cela ne dépend pas que de l’entraîneur. Cela concerne aussi le club, les joueurs. Il faut évoluer dans les têtes.

Gagner la Ligue des champions

Avec l’arrivée de nouveaux investisseurs, Paris se met à rêver. Son nouveau directeur sportif va jusqu’à évoquer la victoire en Ligue des champions.

Aujourd’hui, ça ressemble à un rêve, mais je ne crois pas que ce soit si difficile que cela. Toutes les équipes qui ont gagné cette compétition ont deux grands joueurs avec elles et les autres ont la mentalité pour gagner. Il ne faut pas avoir onze talents mais des joueurs avec une mentalité de gagnants car il y a des matches que tu gagnes sans bien jouer. Et c’est le plus dur, c’est de maintenir cela sur la durée.

Si on regarde les derniers vainqueurs de la Ligue des champions, ils possèdent tous plus de 200 M€ de budget. Si tu n’as pas un budget de 150 M€ à 200 M€, c’est difficile de vraiment jouer la Ligue des champions pour gagner. Nous on commence, on ne sait pas si on va y arriver, mais l’idée c’est d’utiliser une marque incroyable, « Paris Saint-Germain », pour faire une structure qui fera de l’argent aussi, en améliorant les recettes du club. Quelqu’un ne va pas mettre de l’argent, de l’argent et encore de l’argent… Il faut créer une structure qui peut être équilibrée pour des années. On a une marque. On est là pour entrer dans un marché où on est dehors, vis-à-vis des sponsors entre autre.

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7 commentaires ont déjà été postés par nos lecteurs

  • #1

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    bernard
    12 août 2011 14:22

    Merci beaucoup pour cette synthèse !
    N’ayant vu que les articles de l’équipe et du parisien, j’avais l’impression d’un entretien qui avait eu lieu entre deux portes. Enfin, pour une fois le Parisien a au moins le mérite de retranscrire les propos de Leonardo, là où L’équipe brode ses propres fantasmes sur 3 ou 4 phrases de la personne interviewée… Ils osent même un encart sur l’arrivée d’Ancelotti en cas de mauvais résultat pour PSG-Rennes, genre Leonardo n’a rien dit mais on a tout deviné.

  • #2

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    Vivien Brunel
    12 août 2011 14:24

    @ bernard : pour info, L’Équipe aura droit à un article dédié dans quelques minutes, pour les raisons que tu soulignes. Clin d'oeil

  • #3

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    Zarra
    12 août 2011 14:43

    A la différence de ses prédécesseurs on sent vraiment qu’il connait le foot.

    D’ailleurs il en parle vraiment très bien, ses explications semblent très cohérentes et on sent une réflexion qui va au-dela du court terme.

    Surtout, on a l’impression de ne pas se faire pipoter comme à l’époque de Colony où les transferts se faisaient à deux à l’heure, les discours de facade et les compétences footbalistiques présidentielles inexistantes (j’évoque Leproux, tout le monde s’en doute).

    On apprécie particulièrement la discrétion d’Al-Khelaifi qui, pour l’instant, fait preuve de beaucoup d’humilité.

    Il manque les résultats et il faut vraiment espérer que l’apprentissage ne se fasse pas dans la douleur afin d’éviter le partage en vrille.

  • #4

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    kob_bzh
    12 août 2011 14:53

    Bravo pour cet article… Sur le fond, j’attends ça depuis des années et je n’y croyais plus trop… Juste pas de bol que ça arrive alors que nombre des plus passionnés d’entre nous, qui avons bouffé de la merde pendant des années, ne sommes plus là…

  • #5

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    Umanager
    12 août 2011 15:45

    kob_bzh : "Juste pas de bol que ça arrive alors que nombre des plus passionnés d’entre nous, qui avons bouffé de la merde pendant des années, ne sommes plus là…"

    Tu ne peux pas plus résumer ma pensée… arf

  • #6

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    Mock_One
    12 août 2011 16:09

    Quel joie de pouvoir lire ce genre de discours ! Et pourtant, quel dommage qu’aucun journaliste présent n’ait évoqué l’ambiance et la relation avec les supporters… J’aurais aimé avoir l’avis de Léo la-dessus !

  • #7

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    bernard
    12 août 2011 18:48

    Il est dommage que le PSG ne mette pas en ligne l’intégralité de ce qui est devenu, malgré le désir d’informalité au départ, une conférence de presse :

    http://www.psg.fr/fr/PSGTV/800102/P…

    Puisqu’il y avait une caméra, cela permettrait à tous de faire la différence entre ce qui a été dit et ce qui a été écrit. Votre analyse des propos de Christian Gourcuff et de leur retranscription mensongère par France Foot et L’équipe après PSG-Lorient montre qu’on ne sait jamais, ça peut servir.
    En plus ce serait un contenu approprié, et pour une fois intéressant, pour la web-tv du club.

    @Vivien : je ne dirai rien sur les grands esprits qui se rencontrent ;)

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