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Bazin, Le Guen, Makelele et la qualification européenne du PSG

Bilan PSG 2008/2009 : la tempête du mois de mai

Mai 2009, de l’annonce du départ de Le Guen aux petites phrases de Makelele

samedi 27 juin 2009, par Vivien B.

Bilan PSG 2008/2009 : la tempête du mois de mai

Alors que Le Guen répétait depuis des mois sa volonté de ne pas focaliser l’attention sur autre chose que sur les derniers matches du PSG, censés lui permettre de décrocher une qualification en Ligue Europa — voire en Ligue des Champions —, Sébastien Bazin a annoncé début mai le départ de l’entraîneur parisien. Entre révélations et petites phrases, le dernier mois de la saison fut dès lors très compliqué. Retour sur les petites affaires de la fin de saison, de l’annonce présidentielle aux commentaires de Claude Makelele.

« Virer son président en cours de saison, virer son entraîneur en fin de contrat à huit matches de la fin, tergiverser pour lui trouver un remplaçant, lui ôter tout pouvoir en désignant le capitaine comme interlocuteur des joueurs, et foirer complètement une fin de championnat qui s’annonçait pourtant prometteuse : Sébastien Bazin semble avoir déjà pris la mesure du PSG. » En quelques phrases, les Cahiers du Football résument la situation. Durant les dernières semaines, le PSG a sombré, et dilapidé l’avance qu’il avait sur ses concurrents dans la lutte pour une qualification européenne. Retour sur une fin de saison pourrie.

Un départ annoncé trop tôt ?

Alors que Paul Le Guen répète depuis fin 2008 qu’il n’y a aucune urgence à décider de son avenir, et qu’il est préférable d’attendre la fin de saison pour évoquer ce sujet, la presse s’impatiente dès les premières semaines de l’année 2009. L’Équipe et le Parisien multiplient les articles et les unes sur « la tendance du moment » chez Le Guen et Bazin, les « dernières indiscrétions » et autres rumeurs fantaisistesLe Guen à l’OM, par exemple —, pour reprendre les termes utilisés par le journal le Parisien. Malgré cette impatience médiatique, tout semble bien parti pour rester en l’état… jusqu’au 3 mai. Ce jour-là, Sébastien Bazin annonce à Paul Le Guen que son contrat, qui prend fin en juin, ne sera pas prolongé. Il ne faudra qu’un peu plus de vingt-quatre heures à L’Équipe pour publier cette nouvelle en une, mardi 5 mai. Le Parisien embraye dès le lendemain, comme toute la presse sportive.

Jusqu’au dernier match de la saison, le grand déballage sera dès lors effectué chaque matin dans la presse spécialisée. Le 13 mai, dans le Parisien, Dominique Sévérac prend soin de se démarquer des propos qu’il relaie. Mais la charge contre Le Guen est violente :

Le non-renouvellement de son contrat comme entraîneur, acté la semaine dernière, n’est pas dû à cette absence de dialogue avec ces cadres essentiels de la maison PSG [Boindrieux, Roche, Skropeta, Reuzeau]. Ce sont d’autres cadres qui sont à l’origine de la fin de son aventure parisienne. Sébastien Bazin, le président actionnaire du PSG, a beaucoup consulté avant de trancher, et la majeure partie de son opinion s’est forgée lors de rencontres avec les joueurs importants de l’effectif parisien. Indirectement ou directement, le patron de Colony Capital a sollicité Claude Makelele, Ludovic Giuly et Zoumana Camara, sachant que parler avec ce dernier, c’est comme s’entretenir avec Peguy Luyindula et Sammy Traoré, dont le défenseur est proche. Bref, des hommes qui comptent dans le vestiaire.

Lors de ces discussions avec Bazin, les joueurs ont joué le jeu et dit ce qu’ils pensent de Paul Le Guen. Pêle-mêle, ils ont stigmatisé ses entraînements, pas assez variés selon eux ; le travail musculaire, trop léger à leurs yeux ; les séances tactiques, trop sommaires à leur goût ; son coaching de match, inefficace pour eux ; sa psychologie des hommes, limitée à leur avis. L’un des éléments consultés par Bazin lui a même livré cet aveu, en conclusion de la liste de tous les entraîneurs qu’il avait fréquentés dans sa carrière (une demi-douzaine) : « Le Guen, c’est le plus mauvais et le moins imaginatif que j’ai connu. » Interrogé hier pour savoir si l’annonce de son départ l’avait changé, l’entraîneur a répondu « non » puis ajouté : « Au quotidien, les séances ont de la tenue. On prépare bien les matches, ça a de l’allure », comme une réponse à distance aux détracteurs de sa méthode. A aucun moment, les joueurs avec qui Bazin s’est entretenu ne lui ont dit : « Ce sera Le Guen ou moi la saison prochaine. » Mais le propriétaire du club a vite compris que, s’il ne changeait pas d’entraîneur, ces éléments clés rechigneraient à continuer sous le même commandement. Dès lors, son remplacement devenait inéluctable. Et ce n’est pas un hasard si le PSG a fait d’Antoine Kombouaré sa piste prioritaire. Des proches de Sébastien Bazin présentent ainsi le technicien de Valenciennes : « C’est un dur. Il fait bosser ses joueurs et il est courageux. » Toute l’antithèse de Le Guen, à en croire le club.

Le lendemain, le quotidien avertira ses lecteurs de la réaction d’un des joueurs cités :
Zoumana Camara, à la suite de notre article paru hier, précise qu’il n’a jamais fait passer de message, directement ou indirectement, à Sébastien Bazin, le président-actionnaire du PSG.

Et tout ça pour quoi ? En officialisant le départ de Le Guen le 5 mai, après la révélation faite par L’Équipe, le PSG a précisé dans un communiqué que « cette décision intervient à ce stade de la saison car le Paris Saint-Germain entame la préparation de la saison prochaine ». Le 1er juin, Sébastien Bazin affirmera n’avoir «  aucun regret sur le timing » : « C’était le moment de préparer la saison prochaine. Tous les joueurs partent en vacances. Ils voulaient être certains de savoir qui serait leur prochain entraîneur. C’est une décision qui était réfléchie. » Pourtant, le nouvel entraîneur parisien ne sera intronisé que le 2 juin, soit après le terme de la saison 2008/2009. Avant cette date, Kombouaré n’était qu’un prétendant — avec qui les contacts semblaient bien avancés, le club confirmant le 19 mai avoir engagé des discussions à son sujet —, qui ne pouvait évidemment pas contacter les joueurs du Paris SG. Quel bénéfice cette annonce anticipée a-t-elle donc permis ? S’il s’agissait d’annoncer un nom avant la reprise, le départ de Le Guen aurait pu être annoncé une fois la saison finie. Quant aux joueurs qui veulent partir sereinement en vacances, le nom de leur prochain entraîneur ne fait pas tout, encore faut-il que celui-ci annonce son intention de compter sur eux. L’épisode du vrai-faux départ de Sakho en est la dernière illustration.

Du côté des joueurs parisiens, le bénéfice ne semble pas flagrant. Certains sont au contraire présentés comme troublés : d’après L’Équipe du 20 mai, Sessegnon était ainsi « très affecté par le départ de Paul Le Guen, qui avait beaucoup oeuvré pour son arrivée l’été dernier » et attendait « avec une certaine impatience l’identité du nouveau technicien ». Dans l’une des interviews accompagnant la promotion de son livre, Claude Makelele lui-même a affirmé : « Ce qui s’est passé entre l’entraîneur et le président a un peu déstabilisé le groupe. Ces décisions, ça se prépare. » On attend toujours le rappel à l’ordre de Bazin pour cette critique qui lui est directement adressée… Toutes les autres réactions sont à l’avenant : toujours selon le quotidien sportif, dans son édition du 6 mai cette fois, Walter Butler, dont le groupe Butler Capital est actionnaire à hauteur d’environ 5 %, « aurait confié à son entourage sa totale incompréhension et redouterait que le timing de cette décision nuise dans la dernière ligne droite ». Sur RMC, Raì semble dubitatif : « Je n’ai pas compris que son départ soit annoncé avant la fin de la saison. Ça a sans doute touché un peu l’ambiance parmi les joueurs même si ce n’est pas la seule explication. » Dès le 13 mai, Sylvain Armand exprimait ses regrets, relayés par Reuters :

Ce n’est pas évident. On sait que quelqu’un d’autre doit arriver et tout l’effectif attend de savoir avec qui on va travailler. C’est usant. Que va faire l’entraîneur et avec quels joueurs ? C’est important de le savoir et je pense qu’on va le savoir rapidement, ce ne sera pas plus mal. [L’annonce du départ de Le Guen est intervenue au mauvais moment] car il reste quelque chose à jouer. Quand vous êtes à trois semaines d’une Ligue des Champions ou d’une place européenne […] et que vous savez que l’entraîneur ne sera pas le même et qu’il va y avoir des changements dans la direction, c’est sûr que les joueurs se posent des questions. On ne nous dit rien, le club ne nous dit rien. On a une idée mais c’est important pour nous de savoir où on va et avec qui. J’avais peur pour le match d’hier [au Mans], surtout après notre défaite contre Rennes et les dix derniers jours où l’on ne parlait pas trop football quand il s’agissait du PSG.

Le latéral gauche du PSG a développé ces propos sur Europe 1 :

Chacun se pose des questions et les joueurs pensent plus à leur avenir personnel. Bien que la motivation est présente sur le terrain, çà ne fonctionne pas dans la tête, beaucoup pense à autre chose. Si on nous avait laissés tranquilles, je pense que nous aurions fait autre chose.

On peut également s’interroger sur un éventuel excès de naïveté de Sébastien Bazin. Bien qu’il affirme assumer le timing, il se serait également plaint de voir fuiter des informations dans la presse : « Il y a quelqu’un qui tuyaute les journalistes dans le club et on va le trouver », aurait-il déclaré… d’après le Parisien du 6 mai. Entre l’annonce de son départ et le déballage — anonyme — dans les journaux, de joueurs se plaignant de leur coach, l’autorité de Paul Le Guen fut clairement amoindrie durant les dernières semaines. Le 19 mai, quelques jours avant le match Valenciennes-PSG, Antoine Kombouaré envisageait dans le Parisien les nuisances que peut entraîner cette situation dans le vestiaire parisien : « Pour Paul Le Guen aussi, ça doit être difficile de maintenir les garçons sous pression. Tout ceci n’est pas sain. » Dans L’Équipe du 23 mai, Degorre raconte :

Lui [Paul Le Guen] ne veut pas lâcher mais sent bien qu’une partie de son groupe lâche. Et avoue, dans un sourire de dépit : « J’ai moins de possibilités de peser qu’il y a quelques jours. » Voilà tout le dilemme de l’entraîneur parisien, à deux journées de la fin : conserver un groupe sous pression, orienté vers un objectif, tout en sachant qu’une partie de son influence s’est évaporée en même temps que la direction parisienne a annoncé, début mai, qu’elle ne le renouvellerait pas la saison prochaine. «  C’est un peu inévitable, reconnaissait Le Guen hier. Depuis quelques matches, l’équipe est moins concentrée. Mais j’ai envie que tout le monde soit bien. Il faut vraiment qu’on y arrive. »
Le Guen le répètera encore et encore jusqu’à la fin de la saison : « Notre objectif est clairement d’être européen. Je suis obsédé par cet objectif. Mais en effet, j’ai des craintes que mes joueurs soient moins concentrés. »

Le 11 juin, Fabrice Pancrate le confirmera sur RMC :

Après l’officialisation de son éviction, il sentait qu’il n’avait plus la même autorité sur le groupe. Il l’a d’ailleurs fait savoir à tout le vestiaire à deux ou trois journées de la fin du championnat, sans viser qui que ce soit en particulier. Il sentait que le groupe n’était plus aussi réceptif qu’avant, et il nous a mis en garde à plusieurs reprises. Il nous a dit qu’il fallait que chacun mette ses états d’âme de côté, que tout le monde devait tirer dans le même sens car on se battait tous pour un club, pour un maillot… Cela n’a pas suffi.

Autres histoires de fin de saison

« Passez par Claude… »

Après la célèbre sortie de Laurent Perpère dans Le Monde en novembre 2002, c’est au tour de Sébastien Bazin de mettre dans l’embarras son propre entraîneur en cours de saison. D’après L’Équipe, en confirmant le départ de Le Guen auprès des joueurs au Camp des Loges, le président du Paris SG aurait lancé : « Sur ces quatre dernières semaines, si vous avez des demandes ou des problèmes à faire remonter, vous pouvez le faire par le biais de Claude [Makelele], qui se chargera de me les transmettre. » S’il s’agissait de mettre l’entraîneur en porte-à-faux dans son vestiaire, il était difficile de faire mieux. Dans les colonnes de son journal, Damien Degorre commente ainsi cette sortie présidentielle le 25 mai :

Dans le groupe, les joueurs ont compris que le nouveau patron s’appelait Claude Makelele. D’une certaine façon, Sébastien Bazin l’a officialisé le jour où il a annoncé au groupe qu’il ne conserverait pas son entraîneur et qu’il fallait désormais passer par le capitaine pour faire remonter d’éventuels problèmes.

Trois jours plus tôt, Degorre racontait la réaction présumée de Makelele :

Son plus grand embarras ? Le discours de Sébastien Bazin […]. Surpris, puis carrément fâché, Makelele ne s’attendait pas à une telle déclaration. Elle le plaçait au même niveau que l’entraîneur toujours en place. Plus sournoisement, elle laissait planer le doute sur son rôle en coulisses. Difficile à accepter. «  C’est vrai qu’il n’est plus tout à fait le même », confie l’un de ses coéquipiers. Ce jour-là, Bazin n’a pas mesuré la portée de ses propos, ni le sens des interprétations qui en découleraient.

Le PSG s’est-il autogéré ?

Une thèse ardemment défendue par les anti-Le Guen voudrait que les bons résultats du Paris SG jusqu’en mars 2009 résultent d’une auto-gestion du groupe parisien. Dans son édition du 9 avril, jour de PSG - Dynamo Kiev, L’Équipe distille une précision qui va dans ce sens :

Hier, Le Guen a dit les ménager [Makelele et Giuly] autant par choix personnel que pour répondre à une suggestion appuyée des intéressés.

Pourtant, le même jour, le Parisien affirmait le contraire :

L’entraîneur a confirmé que Makelele et Giuly lui avaient fait savoir qu’ils auraient aimé disputer ce match. Mais ils ne seront pas titularisés. « Je reste le patron, répond Le Guen. J’estime que ce sont deux joueurs qu’il convient de ménager. »

Dans sa chronique hebdomadaire sur Les dessous du sport, Giuly confirmait les informations du journal le Parisien :

J’ai discuté avec Paul Le Guen avant le match. Je me sentais bien, comme d’habitude, j’avais l’envie de jouer, de participer, mais l’entraîneur accorde sa priorité au championnat. Je comprends sa décision. Si on fait une bonne fin de saison en Ligue 1, on peut accrocher une place en Ligue des champions, ce qui est très important pour le club.

De même, le 22 mai, Damien Degorre expliquait dans les colonnes de L’Équipe que l’arrivée de Makelele en début de saison « a fédéré et cimenté un groupe en manque de patron, où les clans sont vite apparus ». Mais si seul le numéro 4 du PSG — et non Le Guen — fédérait l’effectif parisien, quelle raison expliquerait alors la déliquescence martelée par le quotidien sportif en fin de saison ? Et pour quelle raison Makelele aurait-il été embarrassé de voir son rôle évoqué par le président dans le vestiaire ?

Les relations orageuses entre Le Guen et Makelele

Très maladroitement, Claude Makelele a publié un livre début mai, dans lequel il égratigne entre autres son entraîneur actuel, Paul Le Guen : «  J’ai connu meilleur que lui. […] C’est un entraîneur correct. » Dès lors, la presse multipliera les articles sur la mauvaise ambiance dans le vestiaire, et notamment les mauvaises relations qu’entretiennent Makelele et Le Guen. À en croire les deux hommes, elles n’étaient pourtant pas si terribles.

Le 26 mai, L’Équipe et le Parisien rapportent les propos de Makelele à l’occasion de la promotion de son livre :

Il [Le Guen] m’a connu à Nantes, il est très intelligent, on a eu des rapports professionnels, tout ça me fait dire qu’il n’a pas dû se sentir attaqué. D’ailleurs, je ne l’attaque pas. Le Guen est l’un des meilleurs entraîneurs de Ligue 1. J’ai juste dit que j’avais connu d’autres entraîneurs à l’étranger qui m’ont beaucoup appris [Del Bosque, Mourinho]. D’ailleurs, avec certains, comme Mourinho, ça s’est fini en crash. Je pense que Paul a connu de meilleurs joueurs que moi. Donc, il n’y a pas de polémique. […] On a toujours eu de bonnes relations, d’entraîneur à joueur. Ça me surprend que la plupart des gens me parlent de ça [des relations compliquées entre les deux hommes]. Ça s’est toujours bien passé, sur comme en dehors du terrain. C’était un respect mutuel. Il n’y avait pas de conflit de pouvoir. Je ne suis pas le second du président, je reste joueur avant tout. Il y a un directeur sportif, un staff technique… Moi je suis en bas de l’échelle.

Le 29 mai, c’est au tour de Paul Le Guen de dire sa vérité sur les rapports qu’il entretenait avec son capitaine :

Contrairement à ce qui a été dit, j’étais preneur pour un an ou deux. Je n’ai jamais été opposé à sa venue, un tel joueur ne se refuse pas. En revanche, je n’ai pas compris pourquoi on lui proposait quatre ans de contrat, et je l’ai dit. Et ça s’est transformé en : « Il n’en veut pas. »
— Parce que vous aviez peur ?
— (Il s’agace.) Mais peur de quoi ? Je ne suis pas là pour protéger ma place. Et si j’avais voulu la protéger, comme il était en relation avec Sébastien Bazin, j’aurais dit plutôt bravo, quelle que soit la durée. Sauf qu’il était de mon devoir de faire valoir ce que je pensais. Mais je savais qu’en exprimant un certain scepticisme sur les quatre ans de contrat, cela ne me rendrait pas populaire auprès de certains. […] On lui a menti [à Claude Makelele]. On lui a dit que je ne le voulais pas. C’est faux, et je veux qu’il sache aussi que je suis d’accord avec lui sur tous ses propos. Il a dit que nous avions une relation respectueuse et cordiale. Je suis d’accord. Il m’a toujours rendu la confiance que je lui ai accordée, il me relayait parfaitement dans le vestiaire car nous nous connaissons depuis longtemps. Je l’ai désigné capitaine, nos discussions en tête à tête étaient franches. Ensuite, il a dit que je n’étais pas le meilleur entraîneur qu’il ait connu. Il a raison. Et il a rajouté aussi qu’il n’était pas le meilleur joueur que j’ai entraîné. Il a raison aussi.

Enfin Sébastien Bazin a donné son sentiment le 3 juin, en apportant « une précision qui n’engage que lui », comme tient à le souligner de manière très hypocrite Jérôme Touboul dans L’Équipe :

Vous [les médias] avez prêté beaucoup d’importance à Makelele dans les décisions prises récemment. Notre ami Claude est suffisamment intelligent pour ne pas avoir dépassé son statut de joueur aupres de l’entraîneur et de ses coéquipiers.

Bazin répond à Le Guen

Dans son interview de fin de saison, Le Guen a critiqué l’annonce de son départ et cette fameuse phrase de Bazin au sujet de Makelele :

Je déplore le moment choisi. J’aurais voulu qu’on me laisse travailler jusqu’au bout, qu’on puisse défendre au maximum nos chances. On le fera encore samedi [contre Monaco], on a une finale formidable à jouer au Parc. J’espère de tout cœur cette place européenne. […] N’importe quel entraîneur aurait été désarmé en pareille situation. Le moment de l’annonce de mon départ était totalement inopportun. Mais c’est moins embêtant que de dire au vestiaire « S’il y a des problèmes, voyez Claude [Makelele]. » C’est une erreur. On peut me coller pas mal de choses sur le dos, mais j’ai une conscience professionnelle. J’aurais jusqu’au bout assumé, reçu les doléances et transmis.

Tardivement — trop tardivement, une fois la saison terminée — Sébastien Bazin est revenu sur ces épisodes Makelele (retranscription Football 365) :

Vous avez, les uns et les autres [les journalistes], dit et écrit beaucoup de choses et prêté beaucoup d’importance à Claude Makelele. Notamment au niveau des décisions qui ont été prises par rapport à Paul Le Guen. Vous avez dit et écrit beaucoup de bêtises. Notre ami Claude Makelele est suffisamment intelligent pour ne jamais avoir outrepassé son statut de joueur, tant vis-à-vis de ses coéquipiers que vis-à-vis de Paul Le Guen.

Cette phrase [« Passez par Claude… »] a été totalement sortie de son contexte. Et Paul Le Guen le sait très bien. J’avais demandé aux joueurs de garder du respect envers Paul Le Guen jusqu’à la fin de saison. Parce qu’il le méritait et parce que le club avait besoin de son autorité pour avoir des résultats. Et à la fin, j’ai dit que pour les cas personnels quant à la saison prochaine, les joueurs qui voulaient me joindre pouvaient passer par Claude Makelele. C’est tout. C’était en vue de la saison prochaine et par rapport aux cas personnels. Cela n’avait rien à voir sur l’encadrement de l’équipe et les résultats sportifs. Je suis d’accord pour dire que cette phrase était maladroite, sortie de son contexte. Mais les trois quarts de la discussion étaient au contraire pour laisser à Paul son autorité.

Quand Makelele veut « nettoyer les saletés »

Autre « fait divers » qui a alimenté la chronique pendant de longues journées, une deuxième phrase tirée du livre Claude Makélélé : « Il faut nettoyer les saletés qui restent, que ce soit au niveau des joueurs, du staff technique ou de la direction. Si le PSG veut revenir au top, il doit se débarrasser de tout ce qui est superflu. »

«  Depuis qu’elle a pris connaissance de ces propos, une partie du vestiaire parle de plus en plus des « saletés » que le capitaine vise, écrit Damien Degorre dans L’Équipe le 25 mai. Et de moins en moins d’une place en Ligue Europa la saison prochaine. » Multipliant les interviews, le joueur revient sur ses propos, mais de manière tellement confuse que la polémique continue d’enfler au lieu de s’éteindre. Exemple avec le Parisien du 26 mai :

« Il faut remettre les choses dans le contexte. Je voulais dire qu’il faut que tout le monde aille dans le même sens. » Avant d’ajouter, sans préciser sa pensée : «  Ceux qui gênent ne doivent pas rester. » À qui pense-t-il ?
Je ne vise personne. Je dis simplement que dans un club, tout le monde doit aller dans le même sens. Quand il y a des gens qui gênent l’évolution d’un club, il faut les écarter. Je parle en général, dans l’avenir. C’est simplement pour que le club avance, que l’on construise quelque chose de bien. Là, en ce moment, on est tous dans le même sens.

Reste évidemment que le PSG se serait bien passé de ces polémiques à quelques journées de la fin du championnat. D’autant plus que si Makelele a multiplié les déclarations pour promouvoir son livre, il a longtemps été incapable de donner une réponse claire et définitive sur son avenir.

À suivre sur PSGMAG.NET :
- Le Guen est un salaud ;
- La communication de Paul Le Guen ;
- Le Guen en questions : ses défauts, ses qualités ;
- La gestion des coupes en 2008/2009 ;
- La tempête de mai 2009 ;
- Peut-on critiquer la presse ? ;
- Bilan final : Paul Le Guen 2007-2009.

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3 commentaires ont déjà été postés par nos lecteurs

  • #1

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    nicolasjpsg
    27 juin 2009 12:27

    Salut !

    Quel mois de mai ! Sinon respect à Paulo ! Oui, enfin quelqu’un qui remet en cause les compétences d’Alain Roche. Y’a des passages touchants d’ailleurs dans son interview. Je trouve qu’il est classe, je le regretterais…

  • #2

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    nicolasjpsg
    27 juin 2009 17:31

    Décidément riolo en remet une couche :" Certains continuent donc de défendre PLG…. alors comme on est fin juin et que dans 3 jours je suis en vacances, je veux bien lâcher 2/3 trucs. D’abord Lille. Il a très peu été question de lui là bas… et oui ! le contact a existé c’est vrai mais le brave homme qui sort de deux sublimes saisons au psg demandait 110 000 euros par mois+ Colleu + Le doc…. un truc de fou pour Lille qui payait Garcia 28000 par mois !!!! un gouffre !!! Je vais vous livrer un scoop que vous n’avez lu nul part, le second sur la liste, c’était luis fernandez. Buisine le voulait en priorité, et seydoux l’aime bien. J’ai fait une rencontre avec les deux hommes pour le livre de Luis, Seydoux est un super type et il apprécie Luis. Au même moment, luis était contacté par le club turc trabzon, grosse proposition financière. Il s’est emballé mais en fait a refusé. Trop loin, trop de changement. Au fond en dehors du PSg rien ne le branche, il prend plein de contact mais sa motivation n’est jamais au top. Donc pour le losc, là en revanche, ça lui plaisait bien. PLG n’était alors plus du tout dans le coup. Le départ de Thuilliot a favorisé le retour de garcia et voilà….un truc a en plus joué un brin en défaveur de Luis c son ITW dans l’équipe mag, il y a deux sem. Si vous trouvez qu’il y a un mot de trop dedans, je veux bien vous entendre. Mais dans le foot français, s’exprimer c mal….. Par ailleurs (il y avait longtemps que je ne parlais plus de PLG, ce coach fabuleux) sur ses 3 titres à l’OL. A Lyon (et là vraiment je ne peux pas dire qui, mais en même temps, je ne force personne à croire ce que je dis) un dirigeant m’a expliqué le fonctionnement. PLG dirigeait l’entraînement et basta ! parler aux joueurs, motiver, et surtout résoudre les problèmes, en gros tenir le vestiaire (selon la grande majorité des coachs que j’ai rencontré c’est 75% du taf) c’est pas lui qui faisait, c’est l’omniprésent duo aulas/lacombe !!! voilà. Qd je dis un truc, vraiment, je ne force personne à me croire mais j’essaie de bosser et de savoir vraiment. Un joueur qui me parle mal d’un coach, ça ne me suffit pas, c du vent. La plupart le font. Rothen disait aimer PLG et pouvait en OFF être bcp moins gentil avec lui. Pour moi, ça c juste un indice."

  • #3

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    didou95
    28 juin 2009 09:46

    Bazin et sa cour n’y connaissent RIEN au football ( c’est pas moi qui le dit c’est EUX qui s’en vantent ! comme si Moi et Mes Ami(e)s SUPPORTERS on étaient un peu con-con ! ils préfèrent ne pas être "catalogués" comme Amoureux du ballon rond ! DONC qu’ils fassent des erreurs catastrophiques ne m’étonne pas le moins du monde ! !c’est le contraire qui m’épaterait !… Regardez Nos Femmes, elles en connaissent plus sur le PARIS SAINT GERMAIN QUE NOS"DIRIGEANTS" ….financiers ! ( comme ils financent Nous on n’a le droit que de la Fermer et de remercier LES MAITRES comme de parfait "Serf" ou pour certains ( heureusement ils se comptent sur les doigts de ma MAIN droite….) comme de parfait domestique !
    Maintenant ! que le "STAFF-SPLACH" commence un jour à vouloir CHANGER de mentalité ET bien, à ce moment là…je la fermerai !………………………………………………….

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