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Les résultats et les stats des précédentes confrontations (2/3)

Histoires de PSG-Monaco : Fournier, Anderson, Raì

Souvenirs de matches et de joueurs qui ont fait l’histoire des PSG-ASM

jeudi 28 mai 2009, par Arno P-E, Gauthier B., Vivien B.

Histoires de PSG-Monaco : Fournier, Anderson, Raì

Retour sur quelques uns des matches les plus marquants entre le Paris SG et l’AS Monaco au Parc des Princes. Faisons également le point sur les principaux chiffres marquant les confrontations PSG-ASM en championnat, en coupe de France et en coupe de la Ligue.

L’AS Monaco est LA vraie bête noire du PSG à domicile. Depuis trois saisons, cependant, les Monégasques ne s’imposent plus à Paris…

Historique : les stats plus ou moins indispensables…

Voir PSG-ASM : Monaco est LA bête noire des Parisiens !

Histoires de PSG - Monaco

9 septembre 1995, 8e journée de D1 : 2-1

Le PSG — leader du championnat — accueille Monaco — quatrième — privé d’Alain Roche (rupture des ligaments croisés), Patrice Loko (problèmes personnels), Raì et Daniel Bravo (élongations).

Après quelques mouvements monégasques sans véritable danger pour la défense parisienne, ce sont les Rouge & Bleu qui se mettent les premiers en action : un ballon récupéré au milieu de terrain parvient à Guérin, qui ouvre en cloche vers Laurent Fournier. D’un contrôle orienté, ce dernier décale Dely Valdès, lequel trompe Piveteau (1-0, 23e). Le Panaméen, arrivé un mois plus tôt, marque là son sixième but — 2 du droit, 2 du gauche, 2 de la tête — en huit journées, autant que Raì.

La joie est de courte durée puisque trois minutes plus tard, les protégés de Jean Tigana égalisent : Basile Boli, en défense, ouvre loin devant vers Sonny Anderson. Le Brésilien devance N’Gotty et glisse le ballon entre les jambes de Bernard Lama, sorti à son encontre (1-1, 26e).

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But de Sonny Anderson

Dès lors, le PSG prend le match en main : Fournier se montre dangereux d’abord sur une frappe des 20 mètres, puis sur une incursion dans la surface. Fauché irrégulièrement par Boli, le numéro 7 parisien n’obtient pourtant pas de penalty. Quelques minutes plus tard, N’Gotty transmet un nouveau ballon en cloche, sensiblement identique à l’action du premier but. Laurent Fournier contrôle, réalise un coup du sombrero pour effacer Lilian Thuram puis reprend de volée du pied droit (2-1, 38e).

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But de Laurent Fournier
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Lama remplacé par Dutruel

La deuxième période est moins brillante. Le fait marquant tient à une longue balle en profondeur vers Madar à la 70e minute. Bernard Lama se saisit du ballon sans problème, mais se blesse sur l’action. Malgré la douleur apparente, il reste sur le terrain. Quelques minutes plus tard, le gardien parisien sort aux devants de Wreh et repousse sa frappe. Mais l’action se poursuit, et Lama ne peut se relever. Enzo Scifo se retrouve face à trois défenseurs parisiens devant leurs buts, mais il ne cadre pas sa frappe à bout pourtant. Richard Dutruel remplace le gardien de l’Équipe de France, victime d’une déchirure et indisponible environ un mois. Sur une mésentente entre le gardien remplaçant du PSG et Oumar Dieng, Anderson parvient à chipper le ballon et marquer un but… qui lui est refusé pour s’être aidé de la main. Auparavant, l’attaquant de l’ASM avait déjà chuté dans la surface sur un tacle de N’Gotty.

L’équipe de Luis Fernandez signe ainsi sa sixième victoire consécutive, après deux matches nuls fin juillet.

6 septembre 1996, 6e journée de D1 : 0-0

Après quatre victoires lors des cinq premières journées, le PSG est logiquement en tête du championnat avant d’accueillir Monaco, troisième. Mieux, Paris est la seule équipe à n’avoir pas encaissé le moindre but cette saison. De son côté, l’ASM est la meilleure attaque de D1 et compte mettre le feu au Parc des Princes. Jean Tigana annonce qu’il veut s’amuser à Paris, et aligne cinq joueurs offensifs : l’attaque composée de Thierry Henry, Sonny Anderson et Victor Ikpeba est alimentée par Scifo et Benarbia au milieu de terrain.

Le cas du Brésilien alimente d’ailleurs les gazettes. Thierry Berthou le raconte dans son livre, Histoire du Paris Saint-Germain FC, de 1904 à 1998 :

L’affaire du transfert de Sonny Anderson rebondit, une nouvelle fois. Le Brésilien le dit haut et fort : « Je veux jouer à Paris ! » Tout le petit monde du football français pense alors que le brillant attaquant monégasque sera le joker du PSG. Il n’en est rien, car le staff du club princier refuse tout transfert. Anderson comprend assez vite qu’il terminera cette saison à Monaco et cesse de claironner dans la presse qu’il veut jouer ici ou là.

Les Parisiens se mettent les premiers en évidence, avec plusieurs frappes de Loko et un retourné acrobatique de Raì, sur un débordement d’Algerino côté droit. Monaco riposte dans les arrêts de jeu de la première mi-temps, mais Lama arrête la frappe d’Anderson sans trop de difficulté.

Au retour des vestiaires, le PSG continue de multiplier les occasions : c’est d’abord un centre de Raì qu’Emmanuel Petit repousse in extremis dans la surface, puis une frappe de Loko qui heurte le poteau de Barthez. Rentré en jeu à la place de Leonardo, Dely Valdès manque de marquer sur son premier ballon, mais Barthez repousse du bout des gants. En fin de match, c’est Monaco qui se crée les meilleurs occasions : Thierry Henry, seul face à Lama, tente une petite pichenette… qui ne surprend pas le gardien parisien. L’ASM ne parvient pas à marquer, pour la première fois de la saison.

Le PSG conservera sa place de leader jusque fin novembre, date à laquelle Monaco montera sur la première marche du podium. Monaco 1er, Paris 2e : ce sera le classement final.

25 avril 1998, 33e journée de D1 : 1-2

S’il fallait garder une image de ce PSG-ASM, ce ne serait pas forcément le score final. Car même si victoire ou défaite sont ce qui fait l’essence du sport, n’en déplaise au baron de Coubertin, ce soir-là, le résultat importa bien peu. Une légende honorait le maillot du Paris SG pour la dernière fois. Enfant gâté depuis six ans, le Parc comprenait soudain qu’il n’était pas dit qu’il croise de nouveau la route d’un tel joueur… Pour cette trente-troisième et avant-dernière journée du championnat, Raí adressait aux tribunes un adieu déchirant.

Printemps 1998, la France prépare sa coupe du monde, L’Équipe nous explique que Jacquet ne gagnera jamais rien et le Paris Saint-Germain, entraîné par le duo Ricardo-Bats, ne sait pas encore qu’il va définitivement basculer du côté obscur. Même si en ce soir d’avril transparaît déjà comme une atmosphère de fin de règne, même si les tribunes appellent depuis quelques matches à la démission du président Michel Denisot, symbole des années fastes de l’ère Canal+, même si certains joueurs historiques — comme Guérin et Le Guen — font une saison en demi-teinte, personne n’imagine alors qu’en l’espace de six mois Charles Biétry va transformer une machine à gagner au moins un titre par an [1] en un club incapable de s’imposer deux fois de suite [2], de construire une équipe stable et de se qualifier deux années de suite en coupe d’Europe via le championnat [3].

Ce soir du 25 avril 1998, c’est Pierre Ducrocq qui ouvrira la marque à la 24e minute. Mais avant même la demi-heure de jeu, Ikpeba égalisera pour l’AS Monaco. Le match est poussif, l’ambiance moyenne et les Parisiens ont bien du mal à animer la rencontre. Florian Maurice, systématiquement préféré à Patrice Loko par les entraîneurs en cette fin de saison, ne parvient pas à exploiter les balles en profondeur que lui distillent Raí et Gava. La faute à un manque de vitesse criant, combiné à un déficit de talent très en rapport. Sous un ciel d’orage, il faudra attendre la 86e minute pour vivre ce que le Parc attendait, dans un mélange d’excitation et de tristesse.

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Raì lors de PSG-Monaco en 1997/1998

Excitation parce qu’il fallait à tout prix rendre ce soir-là au capitaine une partie de ce qu’il avait donné à Paris : amour, grandeur et beauté… Et tristesse parce que c’est un Roi que le Parc des Princes voyait s’éloigner, et nous le savions tous. Les images sont célèbres : Raí le pudique ne peut retenir ses émotions. La capitaine de la Seleçao, désavoué sa première saison, puis accepté et enfin adulé par les Parisiens est en pleurs.

Je m’attendais à une petite fête mais pas à ça. Le stade aux couleurs du Brésil, tout cet amour, cette ambiance. Le match n’avait plus d’importance, c’était moi que les gens étaient venus saluer […], c’était de l’amour pour moi. J’ai craqué, je ne pouvais plus retenir mes larmes. C’était un moment d’une intensité extraordinaire […].
_
_ Raí, cité par Alain Azhar dans PSG, ton univers impitoyable

Capitaine Raí jette son maillot à Auteuil, se dirige vers Boulogne, défait. Le Parc chante et pleure avec lui. Il fait chaud, on étouffe, et le match continue, un peu. Paris attaque, l’arbitre refuse un penalty pourtant évident. Les joueurs n’y sont plus : si l’injustice se mêle à l’infinie tristesse… Alors Benarbia — qui portera les couleurs parisiennes un an plus tard — joue vite un coup-franc vers Trézéguet, qui s’enfonce dans le milieu de terrain parisien sans rencontrer d’opposition. À l’approche des seize mètres, toujours libre de tout pressing, il décoche une frappe un peu molle, côté Boulogne. Le public, comme frappé de léthargie par les pleurs de son capitaine, voit la balle se diriger vers les cages de Vincent Fernandez au ralenti. Le portier, qui remplace un Revault en crise de confiance après quelques bourdes pas vraiment passées inaperçues, brille davantage par son envie et son sérieux que par la qualité de sa détente. Bien que la frappe soit peu puissante et relativement lointaine, il ne peut l’empêcher de trouver le chemin des filets. 90e minute, les joueurs de Tigana s’imposent 2 à 1 pour ce dernier match au Parc de la saison.

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Virage Auteuil lors de PSG-Monaco en 1997/1998

Paris finira huitième du classement, mais remportera la coupe de France et la coupe de la Ligue. Il fallait remonter à 1991, avant l’arrivée de Canal+, pour trouver trace d’une aussi mauvaise position à la fin d’un championnat. Excédés, les supporters obtiendront ce qu’ils demandaient : une opération table rase. Après Raí et Denisot, ce sont Alain Roche, Vincent Guérin, Laurent Fournier, Paul Le Guen et le duo Ricardo-Bats qui quitteront le club de la capitale durant l’été. Une idée du Paris Saint-Germain appartient désormais au passé. Privé de ces joueurs dont il ne voulait plus, Paris ne gagnera pas le moindre titre avant six ans.

Le soir du départ de Raí, le Paris SG pointait en première place au classement UEFA des clubs. Il reste à ce jour la seule équipe française ayant jamais connu cet honneur.

20 septembre 1998, 6e journée de D1 : 1-0

Cinq mois après les adieux de Raí, c’est un PSG complètement différent qui reçoit Monaco. Il n’y a plus la même direction, plus le même staff, et parmi les titulaires, seuls quatre joueurs — Marco Simone, Jimmy Algérino, Didier Domi et Pierre Ducrocq — sont rescapés du match de la saison précédente. Le début de saison parisien est pour l’instant mitigé, battus par Lorient lors du précédent match à domicile, personne n’est vraiment rassuré au moment de recevoir les Monégasques. Troisièmes du championnat, ils bénéficient en plus du récent engouement provoqué par le titre de champion du monde français : Barthez, Henry et Trézeguet sont alors joueurs des Rouge et Blanc.

Fort heureusement, les doutes s’envolent assez vite puisque le PSG a la bonne idée d’ouvrir la marque en tout début de match. La recrue onéreuse Jay-Jay Okocha se retrouve sur le côté gauche de la surface face à Frank Dumas. Il réalise alors la fameuse feinte qui a fait sa gloire : une roulette accompagnée d’une feinte de corps. Il enchaîne sur un centre en retrait, et Yann Lachuer qui traînait par là reprend en force. Pour les Parisiens, la suite du match consistera à contenir les assauts monégasques. Frank Gava, parisien la saison précédente, ne fait rien de remarquable, et les occasions de Trézeguet sont arrêtés par un Bernard Lama impressionnant.

Paris s’impose donc, et remonte à la huitième place. Toutefois, cette victoire est la dernière de l’ère Giresse : une élimination européenne et deux défaites en championnat plus tard, il sera renvoyé par Charles Biétry.

À suivre sur PSGMAG.NET :
- les récits des principaux PSG-Monaco durant les années 2000 !

Joueurs en commun au Paris SG et à Monaco [4]

Voir ASM-PSG : souviens-toi l’été dernier (et avant)

Notes

[1] Hormis en 1997 — Paris fut alors finaliste en coupe d’Europe et vice-champion de France —, le PSG a toujours remporté au moins une compétition entre 1993 et 1998 — 7 au total, durant ces 6 saisons.

[2] Depuis 1998 le PSG n’a jamais réussi à enrichir son palmarès deux années consécutives. Triste série en cours…

[3] Le PSG s’est qualifié directement en coupe d’Europe au terme des saisons 1998, 2000, 2002, 2004, 2006 et 2008 ! Le club parisien s’est également qualifié en coupe Intertoto en 2001, lui permettant d’accéder à la coupe UEFA.

[4] Nombre de matches joués et buts marqués en championnat.

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