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Analyse de la fin de saison du Paris SG

Fin de saison du PSG : sortez vos calculatrices

Ligue des champions, Ligue Europa ou… place du con ?

samedi 2 mai 2009, par Arno P-E

Fin de saison du PSG : sortez vos calculatrices

Le tableau de marche de la Ligue 1 a des airs d’inédit. Pour la première fois depuis le printemps 2004, le Paris Saint-Germain est en lice pour disputer la Ligue des Champions. Pour la première fois depuis des lustres, le titre de champion n’est pas assuré de tomber dans l’escarcelle de Lyon. Pour la première fois depuis neuf ans, l’OM a une chance de finir champion.

Il reste une poignée de matches à jouer, et justement, rien n’est joué. On compte deux fois trop de candidats à rêver d’écouter la petite musique du mercredi soir à domicile, on mesure la peau du Lyon que certains ont déjà vendu, alors qu’il va jouer Marseille et n’est toujours pas mort. Et on crédite la note du champagne que Gerets a commandé pour fêter son titre… Sauf qu’il peut encore prendre des goûts de piquette le soir du pot de départ.

La tête du championnat est serrée comme jamais, chaque vestiaire échafaude des tableaux de marche, algébrise des plans sur la comète, inventorie des prospectives variées. Numérologie ? Le quatre porte malheur. Après un tel championnat, et tous les sacrifices concédés, tout plutôt que de se retrouver quatrième, en Ligue Europa. Pire, tout plutôt que de finir sixième, à la place qu’occupe Lille. Pas de coupe d’Europe mais une jolie médaille en chocolat : celle de l’équipe qui a animé la L1, qui y a cru, qui a créé du beau jeu… et qui regardera les autres à la télé. Parce que dans cette affaire, en dehors du prestige de l’Europe, et des retombées financières, le gros avantage de se rendre au stade pour y regarder ses matches de coupe d’Europe, c’est qu’on évite les commentaires de Jean-Marc Ferreri à la télé…

Cette année, pour départager les heureux des couillons, ça va se jouer au point près. Voire à la différence de buts. Voire au classement du fair-play Orange – LG – Wilkinson du nombre de buts marqués à l’extérieur du pied gauche, pondéré par la moyenne de passes décisives préalablement multipliée par le taux de remplissage des stades.

Sortez vos calculatrices…

Cette année, le championnat donne des sueurs froides aux statisticiens. Paris est en position d’attente avec ses 60 points. Juninho n’ose plus se retourner lorsqu’il sent comme un souffle chaud sur sa nuque chaque fois qu’il prend sa douche, de peur que ce ne soit Makélélé. Lyon, avec ses 61 points et son strapontin pour la Ligue des Champions, est à portée de tir d’un Sessegnon des grands soirs.

Le PSG va-t-il réussir à passer l’OL ? Sortez les calculatrices… Pour les deux clubs, il reste cinq matches à jouer. Pareil ? Non ! Car Paris en disputera trois à domicile, alors que les Rhodaniens ne recevront pour leur part qu’à deux reprises. Et l’avantage compte : les chiffres sont là pour le prouver. Avec une moyenne de 2,31 points par match au Parc, et 1,35 point outre-périphérique, le Paris SG réussit bien mieux à domicile que Lyon, qui n’est qu’à 1,88 point par rencontre au stade de Gerland. En revanche, la bande à Aulas glane 1,81 point pour chaque partie disputée loin des rejets des usines Rhône-Poulenc. Les fans de Laurent Romejko ont-ils leur calculette ? On prend les totaux, on rajoute le nombre de matches à domiciles, la moyenne, l’extérieur, on arrondit et… au soir du dernier gloussement de Paganelli-l’exhibitionniste, cela donne Paris 70 points, et Lyon 70 points !

On vous avait dit que ce championnat se finirait à un cheveu. Certes, il y a capillaire et capillaire : même l’esprit scrupuleux admettra qu’entre un Le Guen et un Mirasierra, un monde peut séparer le concept du cheveu. Et là, pour notre affaire, la nuance se fera sur la différence de buts… Manque de bol, aujourd’hui elle défavorise le club de la capitale : Paris pointe à +13, Lyon à +18. D’aucuns, friands de la chose mathématique, diraient que la différence de buts de Lyon lui confère comme un point d’avance supplémentaire. Sauf que c’est idiot : si le Paris Saint-Germain terminait à 70 points, et l’OL à 69 — ce nombre qui va si bien aux Rhodaniens —, différence de buts hyper avantageuse ou pas le PSG passerait devant Lyon. À la plus grande joie des petits et des grands. Si Paris et Lyon terminaient coude à coude, à égalité de points, ressortez vos calculatrices, rien n’est perdu : pour en arriver là, il faudrait automatiquement que le PSG gagne un match de plus que l’OL… et donc Paris améliorerait sa différence de buts, c’est mathématique. La question, c’est dans quelle proportion ? Encore une fois, les chiffres possèdent leur vérité : une victoire 3-0 des Parisiens, combinée à une petite défaite 0-2 des compagnons de rigolade de Claude Puel, et on en reviendrait à la case départ : égalité sur tous les tableaux.

Décidément, les amateurs de football ne sont pas prêts de la lâcher, cette calculatrice ! Et ce d’autant plus que derrière Paris, rien n’est joué non plus ! Toulouse va à Marseille… Si Gignac, contrairement à ce qu’il a fait en fin de match contre Lorient, se montrait capable de cadrer un ballon à trois pas d’un but vide, alors on peut rêver d’une jolie dégringolade du vestiaire Gerets. Sauf que le TFC ne pointe qu’à trois points du PSG. Et Lille à quatre ! Lille et sa célèbre place du con ®, désormais déposée à la Sacem. Vouloir que l’OM ne termine pas champion, c’est bien beau, mais à ce compte-là, vu que les Marseillais jouent Toulouse et Lyon, si eux perdent, automatiquement les autres gagnent… et engrangent les points. Ce qui ne va pas à l’un part chez l’autre, et si Paris s’amuse à trop tarder en chemin, il aurait vite fait de se retrouver en « délicate posture », comme disait l’ami Santos au moment de s’offrir une bonne petite douche espagnole.

Les calculs sont vite faits : une défaite marseillaise, combinée avec un faux pas du PSG contre Rennes, et une logique victoire lilloise à Lorient, et voilà Paris à un point de la médaille en chocolat au soir de la prochaine journée.

… et balancez-les !

Alors sortez donc vos calculatrices. Prenez-les et refaites les comptes. Tous. Le résultat vous frappera. D’un point de vue probabilités, rien n’est fait ! Ni dans un sens, ni dans l’autre. Comptez les budgets, la Ligue des Champions, c’est 15 M€ à 20 M€. Les droits télés, entre une deuxième et une sixième place, presque autant. Additionnez, retranchez, faites chauffer la calculette ! Comptez aussi l’enveloppe recrutements, les retombées merchandising, l’exposition médiatique, la tournée estivale, rajoutez le salaire de Makélélé joueur, enlevez-le s’il passe dirigeant, mais n’oubliez pas le coût du transfert de Kežman. Pianotez sur votre calculatrice, allez-y ! Faudra-t-il vendre Hoarau, verser une prime limite saoudienne à un éventuel nouveau coach ?

Oui, sortez votre calculatrice… et balancez-la à la poubelle !

Demain, Paris reçoit Rennes. Il faut gagner, marquer trois points. C’est tout. Cela devrait suffire au plus indécrottable des statisticiens parisiens. Le reste, on ne le gère pas. Les parcours de Lyon, qui nous devance, de Toulouse, qui nous suit de près, on n’y peut plus rien. Le titre que Marseille s’auto-adjuge déjà, vieille habitude acquise en 1993, cela on ne peut plus y mettre notre grain de sel. Le PSG a fini de rencontrer toutes ces équipes. Eux, c’est fait.

Seul notre propre parcours compte donc désormais. Et là en revanche, chaque supporter aura son rôle à jouer. Devant un TFC-OM, nous sommes démunis. Ce match importe, bien sûr, mais les Parisiens n’y pèsent pas. Au même moment, le Parc accueillera Rennes. Là, on sait faire.

Le début de la rencontre est annoncé pour 17 heures, il fera beau sur notre antre aux griffes de béton. À la benne les calculatrices ! Dans le Kob, la vieille garde saura donner de la voix. Depuis plus d’un quart de siècle, dans le malheur ou dans la gloire, Paris a toujours pu compter sur Boulogne. Cette fin de saison ne fera pas exception. Comme eux, sortons les tripes ! Dimanche, Auteuil aura le soleil dans les yeux, après-midi printanière oblige. Les supporters du Virage le savent : ils connaissent les lieux, leur maison. Ils se donneront. Finis les calculs d’apothicaire, les scénarios chiffrés. Dimanche, la tribune G accompagnera sa grande sœur. Depuis la création des ATKS, la voisine a bien grandi. Elle ne devrait pas se poser trop de questions au moment de lancer quelques chants ! Pas de temps à perdre pour le Parc des Princes, et de la tribune Borelli à la tribune Paris, un seul commandement : en avant toute !

Dimanche, comme jusqu’à la fin de la saison, il y aura deux catégories de Parisiens. Les épiciers, qui compteront et recompteront, bouffis d’orgueils et arrivés à la première victoire, anéantis et inutiles après une défaite… et il y aura les autres. Ceux qui auront sorti la calculatrice, et l’auront balancée au loin.

Seul compte le prochain match du Paris Saint-Germain. Seule compte la victoire. Le plus petit point acquis, le moindre but marqué, chaque poussière aura son importance au moment de voir le classement final. D’ici là, Paris aura besoin des siens. Lâcher avant le dernier coup de sifflet, se faire rejoindre alors que le PSG menait, ou ne plus y croire une fois mené 0-3, abandonner et rater ce but du 1-3 serait criminel. Indigne du statut de supporter. Paris s’est qualifié en coupe UEFA à la différence de buts [1], grâce à ce petit rien de Chantome, à Schalke. Ce but du 3-1, dans la deuxième minute du temps additionnel, quand tout était perdu, quand certains geignaient déjà sur la supposée nullité de Le Guen. Les épiciers, calculatrice au poing, nous voyaient éliminés, sortis de l’Europe par les Allemands. Paris leur a survécu six mois. Ce petit but a fait la différence. Ce but, même archi menés, il faudra aider le Paris Saint-Germain à le marquer.

Il nous reste cinq rencontres. Cinq matches durant lesquels le Paris SG et ses joueurs auront besoin de sentir les Rouge et Bleu derrière eux. Il nous reste cinq occasions de nous occuper de nous. Cinq occasions de voir si nous méritons le nom de supporters. Les autres calculs n’importent plus.

Seul compte Paris.

Notes

[1] Grâce à ce but de Chantôme, le PSG et le Racing Santander — à égalité de points — avaient la même différence de buts. Le PSG s’est qualifié en vertu d’un plus grand nombre de buts marqués.

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